Préparations de la Setouchi Triennale 2019

Le week-end dernier a été très chargé. Quatre îles furent visitées en deux jours : Oshima, Megijima et Ogijima le premier jour, et Shodoshima le deuxième.

La raison est simple : une avant-première de certains sites de la Setouchi Triennale 2019, tout particulièrement ceux qui vont héberger de nouvelles œuvres d’art. Les visites furent effectuées dans le cadre de la préparation des visites guidées officielles de la Triennale.

 

Oshima

Croyez-le ou non, ce n’était que ma troisième visite d’Oshima et la première en six ans.

Oshima est une île un peu à part dans la région du fait de son histoire très particulière et jusqu’à très récemment (il y a un mois) son accès y était très limité. Si vous voulez en savoir plus à son égard, je vous conseille la lecture de mon tout premier article à son sujet.

Nous avons essentiellement marché autour des lieux où il y aura des œuvres d’art, vous pouvez les voir sur cette photo :

 

Oshima, vue de sa pointe nord.

La majorité des œuvres d’art sur Oshima sont situées dans les cinq bâtiments en bas à droite sur la photo (aux murs vaguement jaunes et aux toits vaguement bruns).

Toutefois, le lieu d’où a été prise cette photo à son importance car une installation va s’y trouver. À l’extrémité nord de l’île, il y a une petite colline et ces jours-ci, les bénévoles de Koebi sont en train de littéralement creuser un chemin à travers la forêt tout autour de cette colline, chemin d’où cette photo a été prise. Sauf erreur de ma part, cette œuvre sera Ringwanderung de Tomoko Konoike, et je ne sais pas trop en quoi elle va consister sinon ce chemin d’environ 1500 mètres de long. Qu’y aura-t-il en plus de ce chemin ? Aucune idée. 🙂

 

Ogijima (et Ozuchishima) vue depuis Oshima

 

Megijima

Nous nous sommes ensuite brièvement arrêtés sur Megijima, et étant en bateau taxi, nul besoin de repasser par Takamatsu, c’est ainsi que nous avons pu visiter trois îles en une journée. Une fois de plus, le but était de découvrir les sites des nouvelles œuvres.

En fait, celle qui suit n’est pas exactement nouvelle :

 

Si vous êtes venus sur Megijima en 2016, vous avez peut-être reconnu l’emplacement de Feel Feel Bonsai. Cette fois-ci, le lieu s’appellera Bonsai Deepening Roots, et il s’agit des mêmes personnes s’en occupant : Setouchi Cogeiz pour le design général, et Masashi Hirao pour les bonsaïs.

Cette ancienne Umi no Ie (« maison de plage, » un peu comme une paillote en dur, si vous voulez) et chambre d’hôtes va devenir le site de Little Shops on the Island, un projet qui devraient regrouper environ huit œuvres très variées, allant du café à la salle de ping-pong en passant par diverses installations.
Un lieu qui « m’intrigue » car, mes premières années au Japon, j’enseignais dans un lycée, et ce bâtiment appartenait à la mère de mon étudiante préférée d’alors. Puis un jour, il a fermé, je n’ai jamais su pourquoi. Je n’enseignais plus dans le lycée à ce moment-là, et la dernière fois que j’ai entendu parler d’elle par une tierce personne, elle était à l’université à Fukuoka (elle devrait d’ailleurs entrer en quatrième année dans deux semaines).

 

Un autre site de 2016 qui est réutilisé cette année :

 

Il y a trois ans, il s’agissait de la troisième Maison d’Ogres par Chaos Lounge (vous pouvez voir ici à quoi elle ressemblait alors). Cette année, ce sera Ebune (Maison-bateau) par Kouryou (prononcez « Kôryô »), qui je crois est ou fut l’une des membres de Chaos Lounge.

 

Après ce bref passage sur Megijima, direction:

 

Ogijima

Dès que nous fûmes descendus du bateau, nous avons pu voir la raison pour laquelle je m’étais rendu sur Ogijima (24 heures trop tôt) la semaine dernière. Il s’agit du nouveau projet de Team Ogi, Tako-tsuboru que l’on peut traduire par « Capture d’Octopus »

 

Monsieur Oshima (en rouge) était très occupé (et moi aussi) alors notre conversation s’est limitée à « Bonjour, ça va bien ? Bon courage. » Pour mémoire il est l’artiste derrière Onba Factory et Team Ogi, et accessoirement un de mes plus vieux amis au Japon.

 

 

Encore une fois, notre visite fut focalisée sur les lieux des nouvelles œuvres.

Goro Murayama était très occupé dans sa maison (mais pas de photo qui vaille la peine). Nous sommes ensuite passés devant l’ancienne poste de l’île qui servira de « galerie » pour l’œuvre de Sarah Westphal, encore une fois, rien à montrer tout de suite, mais si vous lisez l’anglais, je vous invite à lire l’interview qu’elle m’a donné il y a quelques semaines (dans un monde idéal j’aimerais le traduire en français, mais j’ai peur de ne pas avoir le temps, nous verrons).

Arrêt suivant et enfin une photo: la galerie Takeshi Kawashima & Dream Friends en pleine rénovation avant d’accueillir la nouvelle œuvre de Kawashima-sensei, The Space Flower – Dance – Ring .

 

 

La maison suivante, située juste derrière Memory Bottle est à mes yeux « la maison abandonnée originelle d’Ogijima » certainement parce que c’est celle qui m’avait le plus marqué lors de mes toutes premières visites de l’île. Si vous cherchez bien dans les archives du site, il n’est pas impossible que vous la retrouviez sur des photos ayant près de 10 ans. Cette été, elle deviendra une œuvre d’art elle aussi. Le nom devrait être quelque chose comme Trieb House et l’artiste est Toshikatsu Endo. Je dois avouer que je suis presque un peu triste. J’aurais bien aimé qu’elle reste telle quelle jusqu’à la fin des temps (ou jusqu’à son effondrement, ce qui est plus probable).

 

 

Si je ne l’ai pas vu (quoique je crois bien que les deux silhouettes aperçues au loin étaient Fram Kitagawa et lui), Gregor Schneider est arrivé sur Ogijima peu de temps avant que nous n’en partions. Il est venu repérer les lieux pour sa future installation, qui elle aussi fera ses débuts cet été. Elle reste encore assez mystérieuse, mais si le résultat final ressemble à l’idée actuelle, elle devrait être énorme et occuper plusieurs rues et maisons du village (entre Sea Vine et la route pour le phare). Nous verrons de quoi il en retourne cet été (voire avant, bien entendu, j’irai enquêter sur place entre temps 🙂 ).

Et comme la visite d’Ogijima s’est déroulée plus rapidement que prévue (quoiqu’il était « prévu » qu’elle se déroule plus rapidement que prévue), il me resta plein de temps pour rendre visite à mes amis de la bibliothèque et de Damonte & Co. La plupart de mes compagnons de voyage eurent la même idée (car il faut bien avouer que de nos jours, la bibliothèque et chez Damonte sont les endroits « à la mode » d’Ogijima).

 

Dans la Bibliothèque d’Ogijima

 

Le jour suivant se déroula sur

Shodoshima

 

Avant toute chose, où en sont les fleurs de cerisiers ? À Hitoyama, dimanche dernier, c’était pas encore tout à fait ça (au moment où je tape ces lignes, cinq jours plus tard, elles commencent enfin à éclore, mais pas encore complètement).

 

Nous étions à Hitoyama pour voir où se situera Fluire de Giacomo Zaganelli.

La réponse, dans (ou autour de ?) cette vieille piscine abandonnée (de l’ancienne école primaire du village, aujourd’hui fermée) :

 

Un peu comme les cerisiers, l’œuvre n’est pas encore prête. Je ne sais pas encore trop à quoi elle ressemblera.
C’est une des choses que j’aime lors des semaines précédant la Setouchi Triennale : voir l’avancement des œuvres. Sauf que parfois, il n’y a rien à voir. Cela ne veut rien dire, la Triennale ne débute que dans un mois, et certains artistes ne peuvent pas rester sur place pendant plusieurs semaines, certains n’en ont pas non plus besoin. Et même si j’adore quand les artistes peuvent travailler sur place, ce n’est pas toujours réaliste (surtout pour ceux qui viennent de l’autre côté du globe), la plupart du temps, ils font le gros de leur travail dans leur studio et ne viennent qu’au dernier moment pour la mise en place.

 

Shishigaki Island de Masato Saito est toujours là (mais elle est loin d’être mon œuvre préférée, et il n’est pas impossible que je ne lui rende pas visite cette année, nous verrons).

 

Pour je ne sais quelle raison, la vallée entre Hitoyama et Nakayama est un de mes coins favoris de Shodoshima (certainement en souvenir de mes premiers contacts avec la Triennale sur Shodoshima, quand il y a neuf ans, nous avons remonté cette vallée à pied et à la recherche des œuvres d’art qu’elle abritait).

 

Arrêt suivant, Nakayama, où l’artiste suivant ne peut pas se permettre de venir installer son travail à la dernière minute. Je veux parler de Wang Wen-Chih qui a débuté la construction de la quatrième itération de sa maison de bambous, toujours l’une des œuvres les plus populaires de la Triennale. Cette fois-ci elle s’appellera Love in Shodoshima et elle devrait plus ou moins ressembler à un coquillage (information non-contractuelle et à prendre avec des pincettes, le résultat final s’éloignant parfois du concept original).

 

 

Nous nous sommes arrêtés à divers sites pas vraiment photogéniques pour l’instant (à moins que vous n’ayez une passion pour les portes fermées), et puis une pause pipi :

 

Oui, ces toilettes publiques datent de 2016 et font partie de la Setouchi Triennale. Il s’agit de Stone Island’s Stone de Hideyuki Nakayama Architecture et elles sont situées dans le port de Kusakabe.

 

À Umaki, ce bâtiment est l’ancien bureau de la coopérative de production de sauce de soja (ou un truc du genre, j’avoue avoir un peu oublié). En 2013, il a hébergé une de mes œuvres préférées, en 2016, une qui ne m’a pas exactement inspiré. Cette année, on y trouvera The Silent Room de Hans Op de Beeck.

 

De l’autre côté de la très petite rue, la Georges Gallery de Georges Rousse est en pleine préparations :

 

Il semblerait qu’elle sera aussi un café. Il me tarde d’en savoir plus.

 

Un peu plus loin, à Noma, il y a cette petite oliveraie plantée sur un rectangle de terrain artificiel (récupéré sur la mer). On y trouvera Fosse d’Orchestre / White Museum de Rosa Barba.

 

 

Ensuite, direction la pointe nord-est de Shodoshima, à Fukuda pour y retrouver la Fukutake House qui hébergera un certain nombre d’installations et d’expositions :

 

Et juste à côté, le Fukita Pavilion de Ryue Nishizawa :

 

 

Notre dernier arrêt fut à Obe.

Pas pour cette bâtisse :

 

Mais plutôt pour ceci :

 

La toute nouvelle œuvre de Lin Shuen-Long pour la Triennale, la troisième : Beyond the Border – Wave.

Comme son nom l’indique, elle fait partie de sa série « Beyond the Border » qui avait débuté en 2013 par the Ocean (d’abord sur Teshima puis au Sunport de Takamatsu depuis 2016 où elle est encore) et qui fut continuée avec Tide en 2016 au même emplacement à Obe.

Beyond the Border – Tide fut à mes yeux l’une des œuvres les plus belles et les plus émouvantes de 2016 et étant aussi très fan de The Ocean, il me tarde vraiment de pouvoir découvrir celle-ci une fois terminée.

Étrangement, en ce moment, cette structure et celle de Wang Wen-Chich se ressemblent vraiment beaucoup, mais au final, elles ne devraient pas avoir beaucoup en commun (sinon le bambou, d’ailleurs, il y en a presque une pénurie sur Shodoshima en ce moment). Si celle-ci ressemblera aux croquis préliminaires, une fois terminée, elle devrait être deux fois plus grande, une espèce de sphère recouverte de piquants, comme un oursin géant, et une partie devrait se prolonger vers la mer. En d’autres termes : il me tarde vraiment.

Si ça vous intéresse, sachez que Lin Shuen-Long est assez actif sur Facebook et il poste souvent des photos de l’avancement des travaux.

 

 

La plage d’Obe est vraiment belle.

 

Voila, c’est tout pour aujourd’hui.

La Setouchi Triennale 2019 débute dans moins d’un mois, je ne sais pas si j’aurais le temps d’aller visiter d’autres sites avant son ouverture (j’imagine que j’irai au moins à Ogijima). Ouvrez l’œil pour des mises à jour ici ou ailleurs. 🙂

 

 

 

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