Un Wordcamp sur Ogijima


Une chose assez unique et assez importante s’est déroulée sur Ogijima le week-end dernier. Le tout premier Wordcamp Ogijima !

Au cas où vous ne le sauriez pas (ce qui ne serait pas surprenant non plus), Wordcamp est une série de conférences organisées de par le monde à propos et autour de WordPress. Il s’agit d’événement où codeurs, développeurs, utilisateurs de WordPress ont l’occasion de se rencontrer, d’échanger et bien plus encore.

Et si vous ne savez pas ce qu’est WordPress (ce ne serait pas beaucoup plus surprenant), il s’agit d’un logiciel (on l’utilise encore ce terme de nos jours ?) qui permet de créer des blogs et des sites web, et c’est ce que j’utilise depuis plus de huit ans pour créer et alimenter mes blogs, y compris celui que vous êtes en train de lire en ce moment.

 

Qu’un Wordcamp se soit déroulé sur Ogijima est important à plusieurs égards. Comme vous pouvez l’imaginer, de telles conférences sont habituellement organisées dans les grandes métropoles de notre planète. Mais voila, il se trouve que deux membres importants de la communauté WordPress du Japon se sont installés sur Ogijima ces dernières années, à savoir Junko Fukui-Nukaga et Shinichi Nishikawa. Tous deux travaillent dans l’informatique et ils sont très actifs dans tout ce qui tourne autour de WordPress. Ils ont aussi participé à l’organisation de plusieurs Wordcamps dans le passé dans le Kansai et à Tokyo. C’est aussi par ce biais qu’ils ont fait connaissance il y a plusieurs années et que la première à convaincu le deuxième de venir vivre sur l’île.

Et il y a quelques mois, après avoir déjà organisé un bon nombre de Wordbench (des ateliers tournant autour de WordPress), ils se sont lancés dans l’organisation d’un vrai Wordcamp sur Ogijima. Et il s’est donc déroulé le week-end dernier.

Je disais que c’est un événement important, parce que c’est un des résultats des diverses initiatives de revitalisation de l’île. Là où certaines de ses voisines (les îles Benesse, c’est-à-dire Naoshima, Teshima et Inujima) misent tout sur le tourisme quand il est question de revitalisation. Depuis presque le début, Ogijima a choisi de ne pas suivre cette route-là et au contraire d’essayer de créer de vraies activités locales. Vu qu’une cinquantaine de personnes sont venues vivre sur l’île depuis les cinq dernières années (le seul endroit rural du Japon où la population augmente à ma connaissance), que l’école à rouvert, que trois bébés sont nés au cours des 14 derniers mois, et j’en passe (un salon de coiffure / relaxation vient d’ouvrir), j’ose pas dire que la voie suivie par Ogijima est la bonne mais… si, en fait, j’ose le dire. Et Wordcamp est encore un exemple de cette dynamique vertueuse se déroulant sur l’île.

Donc, Wordcamp…

Tout d’abord, je dois préciser que mon implication dans la communauté WordPress est plus ou moins inexistante. Je suis uniquement blogueur, et mon expertise technique est minimale – la communauté WordPress est surtout composé de programmeurs, designers, etc. Par contre, mon implication dans la communauté d’Ogijima est un peu plus importante comme vous le savez peut-être déjà si vous ne lisez pas ce blog pour la première fois. Donc je me devais d’y participer, ne serait que pour en parler ici. Et même si votre intérêt pour WordPress est très faible voire nul, puis-je vous conseiller de rester jusqu’à la fin de l’article, il y a peut-être deux ou trois choses qui pourraient quand même attirer votre attention.

 

En plus des ferries habituels de 8h00 et 10h00, un ferry spécial et réservé aux participants de la conférence avait été affrété à 9h00, c’est donc celui que j’ai décidé de prendre pour débuter l’expérience Wordcamp dès le port de Takamatsu. Après avoir montré patte blanche et reçu mes « goodies » (un sac, des autocollants, un passe, un éventail et une serviette, les deux derniers étant indispensables en été au Japon) je fus accueilli par les membres de l’organisation, certains étant de vieilles connaissances, d’autres que je croisais pour la première fois.

 

Le ferry n’était pas plein, mais pas loin (la photo est un peu trompeuse, même à 9h00 il faisait déjà très chaud, et la plupart des passagers étaient à l’intérieur) et il y avait une énergie et une excitation à bord qui n’était pas sans rappeler certains jours de la Triennale de Setouchi. Se rendre sur une petite île inconnue pour participer à une manifestation de ce genre (Triennale ou Wordcamp) fait cet effet là sur le gens. 😉

 

En route, je pus voir que la Mer Intérieure de Seto portait encore les marques des pluies diluviennes de la semaine précédente :

 

 

Et quand on prend le ferry à une heure inhabituelle, on fait aussi des rencontres inhabituelles :

 

Meon 2 qui entre au port de Megijima – une chose que j’ai rarement l’occasion de voir sous cet angle, habituellement, je suis sur le bateau.

 

Le bateau rapide pour Teshima qui nous double.

 

 

 

L’arrivée sur Ogijima, elle aussi assez réminiscente d’un jour de Triennale.

 

Avant de me rendre au gymnase de l’école (où se déroulait la conférence), j’ai fait un petit saut à la bibliothèque, histoire de. Celle-ci accueillait pas mal de participants à Wordcamp (Junko Fukui-Nukaga est la bibliothécaire), et elle semblait être devenue le lieu de rencontre des étrangers de la conférence. Il y en avait d’ailleurs plus que je n’imaginais. Une quinzaine environ pour 250 participants (l’île compte aujourd’hui environ 160 habitants pour vous donner une idée de l’échelle de l’événement sur Ogijima).

 

C’est d’ailleurs à la bibliothèque que j’ai retrouvé mes compagnons de la journée, à savoir Jordy Meow et Thomas Kim (au passage ce sont les deux concepteurs de Jipangu) qui étaient arrivés avec le bateau précédent.

Quelques photos de la conférence :

 

 

La plupart des présentations étaient en japonais, donc j’avais parfois un peu de mal à suivre, surtout celles qui étaient un peu techniques. Certaines étaient très intéressantes, d’autres beaucoup moins. En plus comme ce semestre j’enseigne une classe sur comment faire des présentations, je ne pouvais parfois m’empêcher de les évaluer sous cet angle (et les notes s’étalent de très bon à pas bon du tout, la plupart étant située environ un peu au-dessus de la moyenne). Et, je ne vais pas mentir, mais surtout à cause de la barrière de la langue, mais aussi parce que j’en avais marre d’être enfermé toute la journée dans le gymnase, j’ai « séché » les dernières, et je suis allé montrer quelques recoins du village à mes deux compères. Mais du coup j’ai raté la présentation de mon ami Kaisho Damonte, mais aussi c’est de sa faute, il n’a pas voulu la faire en anglais. 😉

Quoiqu’il en soit, je me dois de le mentionner, non seulement il a préparé une chouette présentation, mais il a aussi (avec l’aide de son épouse et de quelques amis) préparé la nourriture pour tous les participants, 250 bentos !!! Et ils étaient plus que délicieux. L’arrivée de Kaisho et Yuko Damonte sur Ogijima, il y a maintenant deux ans (ces jours-ci) a vraiment beaucoup apporté à l’île, et je vous conseille plus que chaudement de vous arrêter à leur café (Damonte & Co) lors de votre passage sur Ogijima, c’est non seulement le meilleur café de l’île, mais aussi un des meilleurs de la région – et ça fait des mois que je veux en parler en détails ici, mais toutes mes mésaventures du printemps m’ont fait le repousser encore et toujours (bientôt peut-être ?)

 

Une panna cotta de chez Damonte & Co – oui le café était ouvert malgré la conférence, les bentos et le reste. Aussi délicieuse que vous pouvez l’imaginer.

 

 

Et bientôt, il fut l’heure de dire au revoir à Ogijima et de retourner à Takamatsu. Un grand nombre de participants sont en fait restés sur l’île pour y passer la nuit, avec barbecue et camping au programme. J’avais pensé y prendre part mais ça n’a pas pu se faire. Pas grave, d’autres plans m’attendaient en ville.

 

Ça m’avait complètement échappé jusqu’à quelques jours avant, mais il se trouve que ce soir-là, c’était la finale de la Coupe du Monde de Football. Et il se trouve aussi que la France était en finale. Hors de question de rater ça (de toutes façons, même si je ne suis pas un grand fan de football, je crois que je n’ai pas raté une seule finale de ma vie… bon, d’accord, peut-être RFA – Pays-Bas de 1974, mais il faut me pardonner, je n’avais qu’un an).

Donc la délégation française du Wordcamp (Jordy, Thomas, moi-même et Bruno que nous avons rencontré sur Ogijima) s’est rendu au Craic le chouette pub irlandais qui se trouve à deux pas de la Gare de Takamatsu pour assister à la finale.

Un grand merci donc au patron du Craic qui est clairement resté ouvert pour nous (et il était bien crevé) :

 

Des Français, plus un Bangladais et un Japonais venus nous soutenir moralement.

 

Un Fish & Chips délicieux avec du poisson de la Mer Intérieure de Seto (Hamachi, probablement mon poisson préféré) rien que pour ça, je vous conseille un saut au Craic même si je conçois que un pub irlandais ne fasse pas partie de vos envies si vous venez à Takamatsu depuis la France.

 

Et puis, la France fut championne du monde 2018 :

 

Les rues de Takamatsu furent envahies de supporters français en liesse :

 

D’ailleurs j’ai enfin compris pourquoi, même si les Japonais aiment le football, la Coupe du Monde reste un événement d’importance relativement faible ici, surtout comparé à énormément d’autres pays… C’est parce que les matches sont presque toujours à des heures pas possibles (les demi-finales étaient à 3h00 du matin par exemple). Du coup, le pays ne vit pas à son rythme pendant un mois tous les quatre ans comme dans bien d’autres endroits. Dommage.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui et pour cet article un peu hors-norme (mais c’était une journée hors-norme), à très bientôt pour quelque chose de plus habituel.

 


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2 commentaires sur “Un Wordcamp sur Ogijima

  • Telly

    Super article sur cet évènement. Et je suis encore surpris qu’il ait pu se dérouler sur une si petite île. J’espère que les participants ont apprécié !
    Mort de rire aussi en voyant la foule en délire qui célèbre la victoire de la France dans les rues de Takamatsu !

    • David Billa Auteur de l’article

      Oui, ils ont vraiment fait du bon boulot. Les Nishikawas sont dessus 24/7 depuis des mois (c’est une des raisons pour lesquelles mes galères de site ont duré si longtemps, c’est Shinichi qui me donne des coups de main pour les trucs techniques habituellement, mais là, il était juste trop occupé).

      Pour la finale, un peu surpris qu’il n’y ait personne d’autres dans le pub (il y a d’autres bars fréquentés par des étrangers en ville, peut-être qu’ils avaient plus de monde), mais agréablement surpris que Thomas ait pensé à emmener un drapeau français pour l’occasion. 🙂