Être Guide pour la Triennale de Setouchi 2019 ?


 

Hier, j’ai posté quelques messages « cryptiques » (pas vraiment, mais disons « brefs alors qu’ils demandaient une plus longue explication ») sur les médias sociaux habituels qui ont intrigué certains d’entre vous. Donc, je me suis dit que quelques précisions ici même ne seraient pas superflues.

Tout commence il y a quinze jours environ, dans la salle des profs de langues du campus. Je ne me souviens plus de quoi il était question exactement, mais rapidement la conversation a tourné autour du fait que je vais bientôt fêter mon septième anniversaire de vie au Japon (la semaine prochaine en fait), mais que mon niveau de japonais était encore trop loin d’être fonctionnel. La raison principale étant que je ne le pratique presque jamais et que je ne suis finalement que très peu en contact avec la langue : parlant français à la maison et anglais au travail. Discutant de trouver des façons d’être plus exposé à la langue, et soulignant que le seul endroit où je baignais vraiment dans celle-ci était lors de mes visites des îles, mon amie M eut soudain une idée.

Koebi Tai (apparemment récemment renommé Koebi Network si j’ai bien saisi) l’association de bénévoles s’occupant d’Art Setouchi et sans qui rien ne serait possible, organisait bientôt une formation pour devenir guide pendant la Triennale de Setouchi 2019. Elle allait y prendre part et m’invitait à me joindre à elle. Ce serait une chouette occasion de pratiquer le japonais tout en faisant quelque chose qui m’intéresse.

Et c’est donc ce que j’ai fait, et cette formation a démarré hier.

 

La vue depuis les bureaux de Koebi.

 

Et c’est à ce moment-là de l’histoire que je révèle mon premier scoop à propos de la Triennale 2019 (d’autres viendront dans les jours prochains). Cette année vont être organisées des visites guidées « officielles » de certaines îles. C’est pas pour tout le monde : il s’agit de visite de groupes, on ne décide pas trop du trajet, c’est pas donné (environ 100€ la journée, parfois plus, parfois moins, mais bateau privé compris), mais c’est officiel avec un guide qui sait de quoi il parle (espérons).

Et donc du coup, il faut former et recruter des guides. D’où cette fameuse formation.

Au moment de m’y inscrire, je ne savais pas trop de quoi il allait en retourner (les visites décrites juste au dessus), et je vous avoue que faire visiter les îles dans ces conditions (des groupes pouvant aller jusqu’à 30 personnes, très certainement à la japonaise – comprendre : au pas de course) c’est pas trop mon truc. Mais qu’à cela ne tienne, cette formation est ouverte à tous, et d’ailleurs au moment de l’inscription, il nous était demandé quelle sort de guide souhaitons-nous être (bénévole avec Koebi ? à temps plein comme emploi principal ? en free-lance pendant son temps libre ? etc.)

Si je deviens réellement guide, ce sera bien sûr en free-lance pendant mon temps libre. J’adore mon boulot actuel et hors de question de le plaquer.

Mais une fois de plus, le but premier de cette « expérience » (dans les deux sens du terme) est d’essayer de me retrouver pendant plusieurs heures totalement immergé dans la langue japonaise. Si je deviens guide ou pas est secondaire pour l’instant (surtout qu’il y a un examen à la fin, et que je ne vois pas exactement comment je pourrais le réussir – quoique apparemment, il s’agit d’un examen pratique pas théorique, donc qui sait ?).

Et hier, j’ai passé 8 heures à suivre quatre cours (magistraux) entièrement en japonais, sans la moindre traduction.

Ce fut une expérience très intéressante, mais épuisante qui n’était pas sans me rappeler ma première année en fac d’anglais, il y a 24 ans (cela ne nous rajeunit pas). Une journée par semaine (le jeudi si je me souviens bien) était non seulement la plus chargée, mais aussi la seule où tous les cours étaient en anglais. Je finissais cette journée sur les rotules d’une façon assez similaire à hier soir (à la différence près qu’à l’époque je comprenais un peu plus que 10% de ce qu’il s’y était dit).

La journée a commencé avec une explication par l’un des membres du comité organisateur (que je connais un poil – nous avions pris par à quelques réunions ensemble en 2016 et nous nous recroisons régulièrement depuis, essentiellement quand les Seppuku Pistols sont de passage – tiens au fait, ils étaient à Shodoshima dimanche dernier, mais je n’ai pu m’y rendre et cet aparté commence à devenir un peu long). Il expliqua le principe et le fonctionnement des visites guidées qui vont être organisées l’an prochain. Je fus assez surpris de comprendre assez bien de ce qu’il racontait en fait.

Puis vint un autre homme que je ne connais pas et qui nous parla tout d’abord de l’évolution du tourisme international au Japon (là aussi j’arrivais à suivre), puis de tous les aspects techniques et légaux du métier de guide.
Là, je fus rapidement perdu, surtout que sa présentation n’était pas des plus réussies. Il se trouve que j’enseigne tous les printemps une classe qui consiste essentiellement à préparer des présentations en anglais, et il a réussi à cumuler tous les trucs que je dis et répète à mes étudiants de ne surtout pas faire. En gros : quand vous utilisez PowerPoint (les Japonais adorent PowerPoint), surtout ne pas reprendre le texte de votre présentation dans les slides (on dit « slide » en français quand on parle de PowerPoint ? Aucune idée), et si vous donnez des imprimés à votre audience, surtout ne donnez pas juste vos slides imprimées. Votre texte parlé, les slides et les imprimés distribués doivent s’illustrer et s’enrichir les uns les autres. Si c’est la même chose en trois exemplaires, ça ne sert absolument à rien de faire une présentation : distribuez directement le texte à votre audience, tout le monde le lira chez lui et on aura pas perdu son temps.

Bref, même si mon japonais avait été assez bon, je pense que j’aurais eu du mal à suivre toute la chose.

 

Mer Intérieure de Seto vue depuis Onba Factory sur Ogijima

 

Après la pause-déjeuner, c’est Fram Kitagawa lui-même qui est venu nous rendre visite (c’est le big boss de la Triennale si vous vous demandez – et au passage, il est devenu le week-end dernier l’équivalent japonais de Grand Chevalier des Arts et Lettres ou un truc du genre pour son travail sur les Triennales d’Echigo-Tsumari et de Setouchi). Il a fait une présentation sur les origines de la Triennale, les premières années, et les nouveautés pour l’an prochain. Très bonne présentation (pas de redondance entre son texte, ses slides et ses imprimés 😉 ) et j’en ai compris pas mal en fait (mon niveau de japonais est celui où si je sais de quoi on parle et je connais le sujet, je comprends pas mal, sinon, non).

Finalement, après le départ de Fram Kitagawa, l’homme de la fin de mâtinée est revenu pour une deuxième présentation interminable, aussi mal fichue que la première et j’avoue que je n’ai même pas essayé de comprendre de quoi il en retournait (M m’a confirmé que c’était très chiant, même si pas inutile du tout sur le fond).

 

Donc voila en gros. Après 8 heures de japonais d’affilée, je suis rentré chez moi un peu crevé quand même. Mais maintenant, la partie théorique de cette formation est terminée, nous passerons à la partie pratique dans quelques jours avec une visite de Shodoshima mardi prochain (c’est pour cette partie que je me suis inscrit, hein ?)

Ensuite ? Aucune idée si je pourrai être certifié guide ou non. Aucune idée non plus si cette certification n’aura de valeur que pour le comité organisateur de la Triennale, ou si elle est vaguement officielle. Quoiqu’il en soit, même si je n’ai aucune intention de guider les visites guidées officielles de groupe, je n’exclus pas de le faire ponctuellement pour des groupes plus petits (et que j’aurai choisis 😉 ). Nous verrons.

Sinon, puisque je vous tiens, un gros paquet d’informations sur la Triennale 2019 a été publiée en japonais hier. Si vous lisez le japonais, je vous invite à y jeter un œil. Sinon, comme j’ai accès à un certain nombre de ces informations, il est temps de les disséminer dans ce site. Attendez-vous donc à des mises à jours des pages consacrées à la Triennale : essentiellement mon guide web lui-même, ainsi que ma page d’informations pratiques dans les jours et semaines à venir. Voir les liens suivants :

 

Art de Setouchi

 

Triennale de Setouchi 2019 – Informations Pratiques

 

Mais avant cela, il est vraiment temps que je mette mon guide d’Ogijima en ligne. Il est enfin presque prêt après plus de six mois de délais (pour mémoire, il était presque près l’hiver dernier quand mes problèmes de serveurs sont survenus, et au cours de mes nombreuses tentatives de réparations, j’ai effacé le guide par inadvertance, donc j’ai tout réécrit cet été. Bref, ce n’est plus qu’une question de jours maintenant.

Si vous avez lu jusqu’ici merci pour votre courage, cet article n’était peut-être pas si intéressant finalement.

 

 


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2 commentaires sur “Être Guide pour la Triennale de Setouchi 2019 ?

    • David Billa Auteur de l’article

      Merci (pour le compliment et pour la précision).

      Je dois avouer que je n’ai jamais utilisé PowerPoint de ma vie, mais les Japonais adorent et donc ma classe de présentation orale est presque une classe de PowerPoint en fait (du coup je connais les nomenclatures en anglais, mais pas la moindre idée en français 🙂 ).