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La semaine dernière, je faisais mes adieux à l’ancien Meon comme vous le savez probablement déjà. Je l’ai fait le week-end dernier, car je savais que je ne pourrais pas être au Sunport hier à midi, au moment où il quittait Takamatsu pour la dernière fois. Mon fils avait une petite célébration de fin d’année scolaire dans la mâtinée, je ne pouvais évidemment pas la manquer. Il y a peu de choses plus importantes que les moments historiques liés aux îles de Setouchi, mais rendre mon fils heureux est l’une d’entre elles.

Cependant, et heureusement, nous avons réussi à nous rendre au Sunport environ une demi-heure plus tard, lors de la cérémonie d’inauguration du tout nouveau Meon !
L’ancien Meon quitta donc Takamatsu à midi, selon l’horaire habituel, mais quelques minutes plus tard, le nouveau Meon arrivait au port pour être inauguré. Il partit ensuite pour son premier trajet officiel à 13 heures.

Et j’ai enfin pu le voir de mes propres yeux après des semaines de conjecture !

Le voici :

Je ne vais pas vous mentir. Quand je l’ai vu en photo pour la première fois, il y a une quinzaine de jours, j’ai été un peu négativement surpris par son apparence. Je suis certain que dans un peu de temps, nous y serons tous habitués, et si votre réaction est similaire à la mienne, je vous rassure tout de suite, ce nouveau Meon est en fait bien plus beau en chair et en os en acier qu’en photo.

Son apparence (à la fois intérieure et extérieure – je vous montrerai l’intérieur lors de mon premier voyage, peut-être dans quelques semaines ?) a été réalisé par Dot Architects, des vétérans de la Triennale de Setouchi (ils ont réalisé Umaki Camp et le Beat Shrine sur Shodoshima, et faisaient partie des artistes qui ont investi Kitahama Alley en 2019).

Et bien sûr, son surnom est déjà Shima-Shima Meon.

Si vous ne connaissez pas le japonais, « shima-shima » signifie « rayures / zébrures » et bien sûr, « shima » seul signifie aussi « île. » Je présuppose que vous connaissiez déjà cette dernière information. Je présuppose aussi que cette presque homonymie a joué un rôle dans l’idée de concevoir un ferry à rayures (il y a plus qu’un simple jeu de mots dans l’approche des artistes/architectes, je la détaillerai peut-être une autre fois).

Je suis sûr que ces rayures susciteront beaucoup de discussions en ville, et au-delà lorsque les touristes prendront conscience de son existence. Dans ma maisonnée, le consensus jusqu’à présent est qu’elles auraient peut-être dû être plus larges, ou de largeurs variées, ou quelque chose comme ça. Mais nous pensons que nous finirons par nous y habituer d’ici peu.

En attendant, voici quelques photos de la cérémonie très officielle qui a réuni une centaine de personnes (à vue de nez). Je n’y ai pas exactement assisté, puisqu’elle était déjà presque terminée à mon arrivée, mais j’ai quand même réussi à prendre ces quelques photos, ainsi qu’à saluer du loin les amis et les connaissances qui y participaient.

Pour la plupart des gens, il s’agissait d’une cérémonie un peu pittoresque avec un ferry d’apparence inhabituelle. Et pour la plupart des gens en ville, je pense que la réaction n’ira pas plus loin que : « Tiens, il y a un nouveau Meon ».

Cependant, pour les populations de Megijima et Ogijima, ce nouveau Meon signifie beaucoup plus. Ce ferry a toujours fait partie intégrante des îles d’une certaine façon. Il est littéralement leur connexion avec le reste du monde.

À ce propos, je voudrais paraphraser quelques mots que mon amie Junko Fukui-Nukaga (qui est entre autres la bibliothécaire d’Ogijima ainsi que l’une des actrices majeures de la revitalisation de l’île) a posté hier soir sur un média social célèbre :

Le nombre actuel d’habitants de l’île d’Ogi est d’un peu moins de 160. Parmi eux, environ 50 sont des immigrants (nouveaux résidents ou étant de retour). Lorsque ma famille et moi nous sommes installés sur Ogijima il y a sept ans, la population était d’environ 180 personnes. Donc, même si l’île a accueilli ces 50 nouveaux résidents, la population de l’île a quand même diminué de 20 personnes.
La durée d’exploitation d’un ferry est d’environ 25 ans. En d’autres termes, je pense que construire un nouveau ferry est une façon de dire : « ce ferry fonctionnera pendant les 25 prochaines années ».
Ce nouveau ferry n’est pas seulement « arrivé » aujourd’hui. La Triennale de Setouchi, la réouverture de l’école primaire et du collège, la situation actuelle d’Ogi et de Megi, toutes les personnes impliquées qui ont travaillé dur et relevé de nombreux défis ont été nécessaires pour que ce nouveau ferry puisse exister aujourd’hui.
Il n’a pas été mis en service par hasard, ni n’est arrivé par surprise.

Alors, à toutes les personnes impliquées, merci d’avoir donné un avenir à l’île.

Que va-t-il arriver à Ogijima au cours des 25 prochaines années ?

Il y a tant de choses à bord de ce nouveau Meon, y compris ces 25 prochaines années.

J’avais un peu plus à vous dire aujourd’hui, mais je préfère vous laisser avec les paroles de Junko.

J’espère que lorsque vous viendrez visiter les îles de Setouchi, vous garderez à l’esprit ce que ces ferries signifient pour les habitants ; l’importance de la mise en place d’un nouveau ferry, le départ d’un ancien, etc.

Surtout parce qu’il n’y a pas que des histoires réconfortantes et porteuses d’espoir. Mais par les temps qui courent, vous comprendrez que je souhaite me focaliser sur les choses positives. Il y a aussi quelques histoires plus tristes ces temps-ci, mais ce sera pour une autre fois, pas aujourd’hui.

Aujourd’hui, célébrons le nouveau Shima-Shima Meon et l’avenir qu’il représente pour Megijima et Ogijima !


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4 commentaires sur “Shima-Shima Meon”

  1. Merci David de nous donner des nouvelles de ce petit coin de paradis. C’est très appréciable, surtout en ces temps troublés. J’ai utilisé le Meon en automne 2019 et j’espère pouvoir revenir en 2022 pour découvrir son petit frère. En attendant, comme vous l’écriviez dans un précédent article, croisons les doigts pour que le virus ne soit pas importé sur ces petites îles.

    1. Merci pour le commentaire.

      Pour l’instant on a de la chance. Le virus a fait quelques incursions sur Naoshima et Shodoshima, mais elles ont pu être jugulées à temps à chaque fois.

      Comparé à la France, on s’en sort pas trop mal, malgré l’insistance du pouvoir national a faire n’importe quoi (et là avec l’approche des jeux olympiques, le n’importe quoi s’aggrave). Heureusement que les gens et les pouvoirs locaux ont un peu plus de plomb dans la cervelle.

      Mais je continue à voir peur pour les personnes âgées des îles (et pour nous tous).

  2. Merci David pour ton travail. Tes récents articles sur le(s) ferry Meon sont touchants. Et le tout nouveau Shima-Shima est très beau ! J’espère pouvoir revenir un jour à Takamatsu et dans ce cas me rendre sur Ogijima, dont tu parles si bien. Et si à l’occasion, je peux t’offrir une bière, alors ce devrait être une bien belle journée !

    1. Écoute, si tu reviens, j’espère que tu pourras m’offrir une bière… Si possible chez Damonte & Co ou Onba Café. 😉

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