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Grotte d’Ogijima et « Rocher Tank »

Cette semaine (plus précisément jeudi) j’ai fêté un anniversaire très spécial. Le 10e anniversaire de ma toute première visite d’Ogijima.

Vous pouvez vous rafraîchir la mémoire avec cet article qui lui aussi a pratiquement 10 ans (je l’avais originellement écrit sur un ancien blog aujourd’hui disparu avant de le rapatrier ici-même quand ce présent site fut créé) :

Batoru Rowaiaru (Jour 6 : 23 Mai 2009 – Première Partie)

Et donc, pour ce dixième anniversaire, je voulais faire quelque chose d’un peu spécial. Rapidement, ce « quelque chose » est devenu une évidence : visiter les trois derniers endroits de l’île que je ne connaissais pas encore. À savoir :

  • sa plateforme d’observation
  • sa grotte, surnommée le « Trou de Jii« 
  • le « Rocher Tank« 

Ce qui est assez ironique, c’est qu’à l’époque de cette première visite, la Triennale de Setouchi n’allait débuter qu’un an plus tard. L’île somnolait et mourait à petit feu sans trop s’en rendre compte. Elle n’avait que de très rares visiteurs et sur les dépliants la promouvant (on sentait bien que l’office du tourisme de Takamatsu avait du mal à lui trouver des points d’intérêt) les seules choses mentionnées alors étaient son phare, ses narcisses, ainsi que cette grotte et ce rocher.

En d’autres termes, les lieux les plus « célèbres » de l’île, il y a une décennie de ça, sont ceux que j’ai finalement découverts en dernier.

 

Et donc ce mardi était le jour parfait pour aller faire une balade en nature sur Ogijima :

Dans le ferry, bien rempli pour cause de Triennale de Setouchi, je me faisais une petite réflexion à deux centimes : « C’est quoi le snobisme dans ce coin du Japon ? C’est d’aller sur une île en pleine Triennale et de ne pas aller voir une seule œuvre d’art. » 😉

À peine sorti du bateau, direction Damonte & Co pour un déjeuner toujours aussi délicieux :

Le falafel (que l’on voit à peine sur la photo) était une tuerie. Pourtant à la base, je suis pas trop fan (mais c’est surtout parce que j’ai rencontré mes premiers falafels aux US, et que comme presque toute nourriture dans ce pays, c’était à peine mangeable). Et puis comme il n’y avait pas encore trop de clients, j’ai pu discuter un peu avec Kaisho Damonte que je n’avais presque pas vu depuis le début de la Triennale (il a survécu à Golden Week, mais à peine).

Le repas terminé, j’ai retrouvé mon compagnon d’aventure pour la journée, et nous sommes partis, direction les grosses collines d’Ogijima.

Après une ascension qui prend en traître, notre premier arrêt fut donc la plateforme d’observation. Presque toutes les îles et autres points élevés de la région ont leur plateforme d’observation. On pourrait croire que c’est toujours un peu la même chose. Sacrilège ! Chacune d’entre elles offre une vue inoubliable sur la Mer Intérieure de Seto.

Depuis celle d’Ogijima, on voit ça :

Ozuchishima et Naoshima

 

Mukaejima, Ishima et Teshima

 

Naoshima (on distingue Honmura) et Mukaejima, avec Honshu derrière

 

Et une vingtaine de mètres derrière, le « Trou de Jii » c’est-à-dire la grotte d’Ogijima.

Tout comme la grotte de Megijima, sa voisine bien plus connue, cette grotte-ci – dont on ne sait presque rien non plus – est artificielle et a été probablement creusée il y a environ 2000 ans. Et il s’agissait très certainement d’un mine ou d’une carrière. Elle a aussi probablement servi de cache à des pirates à un moment ou à un autre. Et toujours comme celle de Megijima, elle est associée à la légende de Momotaro.

Comme vous le savez (ou pas), Momotaro est parti à la recherche des Oni (des espèces d’Ogres japonais) qui terrorisaient la région. Il trouva leur île, Onigashima (qui signifie « Île des Oni » elle ne devait pas être trop difficile à trouver cette île). Sur l’île, les Oni habitaient dans une grotte. Momotaro les a affronté et les a tous tués.

Tous ? Non. L’un d’entre eux arriva à s’échapper, et il réussit à s’enfuir sur l’île voisine avant que Momotaro ne puisse s’en rendre compte. Là, il trouva une autre grotte plus petite dans laquelle il se réfugia jusqu’à la fin de ses jours. Le nom de ce Oni ? Jii.

Et donc, si Megijima est l’Onigashima des légendes, alors Ogijima est l’île où s’est réfugié Jii. Et la grotte est son trou.

Il s’agit donc d’une assez petite grotte, mais elle n’en est pas moins très intéressante :

Les entrées ne sont pas bien grandes

 

Elle est petite, mais pourtant, elle s’enfonce plus profond qu’on ne le penserait au premier abord. En fait, le fond de la grotte s’enfonce dans l’obscurité, et hors de question de s’y aventurer sans au moins une lampe-torche voire plus.

J’aimerais vraiment en savoir plus sur cette grotte (et sur celle de Megijima aussi, mais cette dernière est maintenant trop liée au tourisme-kitsch pour pouvoir en tirer quoique ce soit de plus authentique ou historique). Peut-être que quelques fouilles archéologiques révéleraient les secrets de ses origines, mais je doute qu’un quelconque archéologue s’y intéresse jamais.

Mais qui donc me prend ainsi en photo au fond d’une grotte située en haut d’une petite montagne à laquelle on ne peut que difficilement accéder, et située sur une île presque coupée du monde ?

Il s’agit de mon nouvel ami et homonyme David Douglas Stuart!

Quelques lignes à son propos pourraient vous intéresser, surtout si vous comprenez l’anglais.

David est un journaliste australien, et récemment, avec sa femme et ses deux enfants, ils dont décidé de faire un tour du monde de deux ans environ. Comme son épouse, Junko, est japonaise, ils ont décidé de faire leur premier arrêt au Japon. Et ils sont arrivés fin mars, presque complètement par hasard sur Ogijima où ils vivent maintenant et jusqu’à fin juillet environ.

Si vous comprenez l’anglais, je vous conseille chaudement de le suivre ici ou là :

Après la grotte, nous nous sommes aventurés un peu plus sur les chemins tortueux et pentus de la montagne d’Ogijima pour nous rendre au célèbre (oui bon, célèbre dans l’île) Rocher Tank.

Il s’agit d’une formation rocheuse unique sur l’île et qui a rappelé un tank à quelqu’un un jour… Quelqu’un d’apparemment très influent (sur l’île) puisque c’est devenu le nom officiel de ce rocher.

Bon, je suis sûr que ce rocher (et tous les gros cailloux tout autour, comme s’il s’était un peu effrité) sont très intéressants si on s’y connaît un peu en géologie, mais comme ce n’est pas mon cas, c’est pour cela qu’il m’a fallu 10 ans pour enfin m’y rendre.

Donc, voila, c’est un gros rocher, près du sommet de l’un des deux « pics » d’Ogijima. Rien de très passionnant donc (sauf, je le répète, si on est géologue), mais son emplacement en fait tout son intérêt, c’est à dire que la vue y est encore plus spectaculaire que depuis la plateforme d’observation :

Quelques photos supplémentaires, mais à part une ou deux prises avec mon téléphone, j’ai fait un gros bug sur les autres. J’avais essayé de photographier en mode manuel dans la grotte (au risque de me répéter, j’en suis encore à apprendre les secrets de ce nouvel appareil-photo, oui, je sais, je ne suis pas très rapide), et une fois sortis, j’avais oublié de baisser la sensibilité ISO. J’ai essayé de rattraper le coup en les modifiant sur l’ordinateur, mais pas sûr que le résultat soit très probant. En général, quand je rate des photos, elles partent à la poubelle, mais là, vu qu’il n’est pas impossible qu’il faille 10 ans de plus pour que je retourne au rocher tank…

 

Voila, c’est tout pour aujourd’hui.

Sinon, je profite de l’occasion pour vous informer que je viens de créer un groupe Facebook « annexe » de ce site, je vous invite à le rejoindre si vous le souhaitez (certains lecteurs se plaignaient qu’il en existait un en anglais, mais pas en français) : Îles de Setouchi et Préfecture de Kagawa.

 


En savoir plus sur Ogijima

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