120 millions de Japonais, et moi, et moi, et moi… (Jour 1 : 18 mai 2009)

Nous y voilà. J’étais en Asie pour la première fois de ma vie, dans l’aéroport de Hong Kong. Celui-ci est assez éloigné de la ville, je conviens qu’il n’y a rien de bien exceptionnel à cela – c’est le cas de la plupart des aéroports du monde – mais j’avais le souvenir lointain d’un aéroport de Hong Kong au centre-ville. Quelques semaines auparavant je croyais encore que c’était le cas et il me tardait de voir ça. Mais en même temps, ce n’était pas si important.

J’étais donc en Asie !

Toutefois, l’aéroport ressemblait à pratiquement tous les autres aéroports du monde, plein de voyageurs, de boutiques duty-free, de télévisions diffusant CNN avec Obama dedans. Toutefois, je sentis peu à peu que j’étais bien dans un endroit inhabituel, un endroit distant et inconnu. Tout débuta par l’omniprésence des caractères chinois. Hong Kong étant Hong Kong, l’anglais y est tout aussi omniprésent, mais les caractères chinois y étaient tout aussi nombreux, sinon plus nombreux, et il était presque possible de les occulter dans l’aéroport, tout y étant bilingue. Néanmoins, c’était la première fois que je me retrouvais entouré de caractères non-romains (non les supermarchés chinois à Paris ne comptent pas, quant à la Grèce, j’étais bien jeune quand je m’y suis rendu et de toutes façons, je peux plus ou moins lire – ou plutôt déchiffrer – l’alphabet grec). Et bien sûr, il y avait les gens. Même s’il y avait un certain nombre d’Occidentaux ici ou là, ils restaient une minorité et par moments – comme dans le petit « métro » nous menant d’une partie à l’autre de l’aéroport – je me retrouvai le seul non-asiatique, sensation un peu étrange au début. Bien entendu, je m’attendais à être entouré de Chinois, mais je fus surpris (Pourquoi ? Après tout nous étions dans un grand aéroport international) par la diversité des gens autour de moi : il y avait aussi de nombreux Thaïs, Philippins et autres nationalités que j’avais plus de mal à identifier (Malais ? Cambodgiens ?)

Mais les deux choses qui me firent vraiment me sentir dans un autre monde furent d’un côté les deux moines bouddhistes que je croisai et surtout à qui personne ne semblait prêter la moindre attention (de mon côté je trouvais la chose exceptionnelle) ; l’autre chose c’était les masques chirurgicaux que portaient un certain nombre de personnes. Je me disais que les fantômes du SRAS devaient être encore bien présents pour que certaines personnes soient si promptes à porter des masques de la sorte, alors qu’en Europe la grippe A du cochon mexicain laissait quand même assez indifférent. Surtout que le nombre de Nord-Américains dans cet aéroport devait être proche du zéro.

Le vol pour Osaka se déroula sans histoire. Je me surpris à presque sautiller sur mon siège quand j’entrevis finalement un petit bout de Japon à travers le hublot pour la première fois et cela ne fut pas sans me rappeler ma première vision de l’Amérique du Nord (en l’occurrence, le Groenland) 12 ans plus tôt. On notera aussi le fait qu’un certain nombre de passagers et presque toutes les hôtesses portaient eux aussi des masques chirurgicaux ce qui ne cessait de m’intriguer/amuser/agacer.

Et puis nous avons atterri.

J’étais au Japon !

Enfin…

Quelques lignes plus haut, j’ai dit que tous les aéroports du monde se ressemblaient. Faux !

L’aéroport du Kansaï (Osaka) – et je présuppose les autres aéroports du Japon aussi – est simplement différent. L’anglais y est présent, mais plutôt rare, le bilinguisme loin d’être la norme, même chose pour les Non-Japonais (je crois que les seuls à part moi ce jour-là étaient quelques Chinois ici ou là). Je me suis senti incongru presque instantanément, le choc culturel faisait peu à peu son apparition et il n’allait disparaître qu’à la toute fin de ce voyage, une fois de retour à Paris.

Et c’est ici et maintenant que je me dois de faire un « avertissement ». À partir de maintenant je vais beaucoup parler de Japon (vraiment ?) et j’ai souvent la sensation que quand un Occidental parle de ce pays, il a du mal à ne pas tomber dans l’un des deux travers suivants. Soit il va dire que le Japon est un pays si formidable, raffiné, d’une culture si riche et que les Japonais sont des gens tout aussi raffinés, polis, respectueux, qu’ils ont tout compris à la vie, blablabla, bref, que le Japon est le pays le plus génial du monde. Ou alors il nous fera un laïus sur le fait que les Japonais sont fous, ils sont des barbares qui vivent repliés sur eux-mêmes, pas vraiment des êtres humains – des robots tout au plus, ou des fourmis – leur culture est totalement rigide, oppressante, etc, etc, etc.
Je vous avouerai qu’au cours du voyage je fus tenté vers ces deux sentiments à plusieurs reprises. Je fus aussi tenté de rédiger ce récit en prenant le parti pris d’utiliser uniquement ces deux extrêmes, dans un drôle exercice stylistique. Finalement, je pense que ce serait contre productif et au contraire je vais tâcher de m’éloigner des deux le plus possible, même si je ne peux promettre de totalement les éviter.

Donc… J’étais au Japon !
Et la première chose qui m’ait marqué était… les masques chirurgicaux… Tiens donc…
J’avais cru qu’il y avait beaucoup de masques à Hong Kong, ce n’était rien comparé à Kansaï.
Et là il faut que je vous parle du dépistage anti grippe porcine à l’entrée dans le pays.
Il y en avait un aussi à Hong Kong, on devait répondre à quelques questions portant sur les symptômes et ce genre de choses. Au Japon, on devait aussi répondre à des questions (peu, trois ou quatre). Si on répondait « Oui » à l’une de ces questions, on devait aller je ne sais où et on risquait certainement la mise en quarantaine ou je ne sais quoi.
Cela me rappela les questionnaires que l’on doit remplir quand on se rend aux États-Unis et où l’on nous demande si l’on vient dans le pays pour commettre un crime, vendre de la drogue, des armes, si on est un terroriste, si on a été un Nazi pendant la guerre et ce genre de choses. Mais alors qu’aux US le but de ce questionnaire est clairement de rendre toute mise en accusation plus facile au cas où le voyageur commette l’un de ces crimes et qu’il ait menti sur la fiche ou un truc du genre (non, les autorités américaines ne s’attendent pas à ce que quelqu’un réponde « oui » à l’une de ces questions, elles s’attendent à vous accabler encore plus si vous commettez ledit crime, le mensonge lors de votre entrée au pays étant alors un facteur agravant), au Japon, c’était le seul et unique dépistage contre la grippe à l’entrée du pays. Chose assez surréaliste quand on verra dans quelques posts la véritable psychose à son sujet qui s’installait dans le pays.

Parmi les questions posées, la principale était: « Êtes-vous entré en contact avec des Américains, des Canadiens ou des Mexicains au cours des dix derniers jours ? »
Ça a le mérite de ne pas tourner autour du pot. Dans tout pays occidental ce genre de question provoquerait un tollé, il serait question de racisme, de ségrégation, de délit de faciès. Pas au Japon…
Au Japon les étrangers sont douteux par définition, alors un peu plus ou un peu moins…

Pour en revenir à la question, me concernant, bien sûr que la réponse était positive, je travaille avec des Américains et habitant à Paris, il m’est pratiquement impossible de ne pas en croiser (ne serait-ce que dans le métro) à un moment ou à un autre de la journée. Mais voila, je ne voulais pas que mon voyage au Japon débute par une quarantaine, donc mon premier acte sur le sol japonais fut de mentir aux autorités… Non, je n’en suis pas fier, mais ils n’avaient qu’à pas me poser des questions à la con non plus.

Puis il y eu le passage à l’Immigration. Cela ressemblait pas mal au passage à l’immigration américain, à la différence près que la plupart des agents d’immigration à qui j’ai eu à faire aux US étaient relativement sympa (et presque toujours polyglottes) dans l’ensemble. Pas leur équivalent japonais. Oui, les Japonais sont polis (plus là-dessus plus tard), mais apparemment, au Japon, quand on a quelqu’un qui ne possède pas le moindre concept de courtoisie et/ou qui est extrêmement xénophobe, on l’envoie bosser au bureau de l’immigration de l’aéroport du Kansaï.
Le type ne parlait presque pas anglais (après tout pourquoi parlerait-il anglais ? son boulot ne consiste qu’à interagir avec des étrangers à longueur de journée) et les rares mots qu’il daigna prononcer en ma présence ne furent que des marmonnements inintelligibles, sauf quand il fut question de prendre mes empreintes digitales et qu’il hurla presque « Finger ! » Ordre devant lequel je fus un peu embêté, car il se trouve que j’en ai dix et que son interjection était un peu vague quand même (peut-être ignorait-il que les étrangers avaient plusieurs doigts ?) Et quand je lui demandai lesquels j’eus pour toute réponse un autre marmonnement, puis finalement un « Index ! » plein de haine et de mépris quand je fus contraint de réitérer ma question une nouvelle fois. Même chose, quelques secondes à peine plus tard, quand il a été question de prendre ma photo (où celle de ma rétine, je ne suis pas trop sûr). J’étais trop grand pour la caméra (au cours de ce séjour au Japon de nombreuses anecdotes débutent par « j’étais trop grand pour… ») et croyez-vous qu’il m’ait dit ce qu’il fallait faire ? Me baisser ? Orienter la caméra ? Autre chose ? Bien sûr que non.
Après trois essais infructueux, je dus le déduire moi-même (la caméra pouvait pivoter) devant son regard de plus en plus énervé.

Bienvenu au Japon.

Ensuite, la grosse heure que nous passâmes dans l’aéroport de Kansaï fut un tourbillon d’impressions et d’émotions diverses difficiles à analyser (mais toute personne étant allée dans un pays « très » étranger comprendra de quoi il est question).
Les magasins étaient remplis de produits que je ne pouvais ni nommer, ni reconnaître, encore moins comprendre, mais ceci était en fait contrebalancé par presqu’autant de produits si « typiquement » japonais (les produits dérivés de mangas, les éventails, ce genre de trucs).
À ce moment du récit, je me dois de mentionner les toilettes japonaises ; pas les traditionnelles dont j’ignorai l’existence avant ce voyage, mais les autres, celles avec tous les boutons sur le côté. Si comme moi vous avez passé votre adolescence à regarder Bonaldi dans Nulle Part Ailleurs cela vous rappellera instantanément de nombreux souvenirs. Dans le cas contraire, je vous laisse la surprise et vous conseille d’appuyer sur lesdits boutons quand vous irez au Japon.

Et bien sûr au Japon, il y a surtout les Japonais.
Les Japonais sont des gens bizarres.
J’ai bien conscience que cette généralisation est tout aussi abusive que réductrice et surtout plus que subjective. Toutefois, c’est la seule nationalité qui me fait avoir ce genre de réaction encore et toujours, même une fois les premières impressions passées. Une impression et une interjection qui apparaîtra de nombreuses fois dans mes pensées, voire dans ma bouche, au cours de ce voyage (et certainement ce blog).
En l’occurrence, à Kansaï, il s’agissait encore et toujours des masques collés sur le visage, et bien évidemment, de trois adolescentes vêtues comme sorties d’un manga, avec des cheveux et des vêtements aux couleurs et aux formes les plus improbables. Je dois toutefois aussi avouer que ces trois adolescentes furent les seules personnes que j’ai croisées ainsi accoutrées au cours de mon séjour (non, toutes les adolescentes japonaises ne s’habillent pas comme ça).

Pour en rajouter un peu plus à la confusion, 康代 de retour au pays, se sentait enfin chez elle pour la première fois depuis longtemps. Sauf qu’elle n’était pas plus habituée ni préparée que moi à cette inversion soudaine des rôles, surtout que quand elle est en France, elle a beau être étrangère, elle parle et comprend quand même la langue locale. Là, il lui arrivait assez souvent d’oublier que si tout lui était familier, si pour la première fois depuis longtemps elle comprenait tout, c’était exactement le contraire pour moi. Quand il fut question d’acheter quelque chose (en l’occurrence, snacks et boissons à l’aéroport), son premier réflexe était de me demander ce que je voulais, mais il lui fallait toujours quelques secondes pour réaliser que je n’avais aucune idée des choix possibles, et surtout elle n’avait pas forcément l’habitude de jouer le rôle de traductrice et d’interprète (c’est un tout un métier, même dans la vie quotidienne).

Ma deuxième interaction avec un Japonais au Japon (après le préposé de l’Immigration et bien sûr sans compter 康代) fut le conducteur du bus qui allait nous mener de Kansaï à Kagawa. Dans les horaires que nous possédions, le bus pour Takamatsu devait partir environ une heure plus tard, mais nous décidâmes d’aller voir à l’arrêt, car selon 康代 il arrivait que l’horaire exact puisse varier de quelques minutes de temps à autres et les horaires qu’elle possédait étaient vieux de plusieurs mois. Bien nous en a pris, quand le bus fut à portée de vue, il s’apprêtait à partir deux minutes plus tard. 康代 se mit à courir vers le guichet pour acheter les billets et elle m’intima de faire de même vers le bus pour signaler notre présence et charger les valises dans la soute. Le chauffeur me demanda où nous allions. Comment ai-je compris ? Je ne sais pas. Il devait certainement parler un peu anglais, je ne sais pas, je n’ai pas pris le temps d’analyser la chose et j’étais plus ou moins statufié par la situation : seul dans le Japon pour la première fois (certes, 康代 n’était qu’à une dizaine de mètres, mais bon), devant parler à un local. J’ai répondu Kagawa (avec le souvenir que 康代 utilise Kagawa et Takamatsu de manière assez interchangeable quand elle parle de chez elle) en ignorant que tous les arrêts de ce bus étaient en fait dans Kagawa. Devant le regard circonspect du chauffeur, j’imaginais déjà le bus partant sans nous (les valises déjà chargées dans la soute). Heureusement, 康代 arriva à ce moment-là et expliqua le fin mot de l’histoire au chauffeur qui prit nos tickets et nous permit de monter dans le bus qui partit de suite après.
Maintenant je comprends mieux comment on peut devenir instantanément stupide quand on est à l’étranger face à une situation imprévue (et j’essaierai désormais d’être plus gentil avec les touristes dans le métro parisien).

Le trajet de Kansaï à Takamatsu passait par la banlieue d’Osaka (plus précisément des zones industrielles pas très très charmantes), puis Kobe. Vue depuis l’autoroute, Kobe semble une ville bien étrange, dotée d’un urbanisme assez étonnant où appartements (luxueux et moins luxueux), bureaux, usines et autres semblent se mélanger et se côtoyer sans aucune cohérence apparente. J’en déduisis qu’il s’agissait d’une des conséquences du tremblement de terre de 1995 et d’une reconstruction dans l’urgence et donc anarchique de la ville, mais peut-être que cela n’avait rien à voir (une des erreurs que l’on fait souvent à l’étranger, c’est qu’on essaie trop de trouver des raisons logiques et/ou culturelles plus ou moins cachées à des choses qui n’en ont pas forcément).
(Note : il m’a effectivement été confirmé plus tard que l’urbanisme japonais est anarchique de cette façon, dans toutes les grandes villes, et que cela n’avait donc rien à voir avec le tremblement de terre)

L’île entre Kobe et Shikoku (Awaji Jima) était des plus plaisantes avec tous ces villages côtiers tous plus attirants les uns que les autres (vus de l’autoroute). Je ne sais pas si c’est parce qu’il s’agissait là de ma première vision de ces maisons et ces villages traditionnels respirant le calme et la quiétude ou si c’est parce que j’étais épuisé, mais je me voyais bien m’installer dans un de ces villages. La question naissant dans mon esprit juste après fut de m’interroger sur l’obligation ou non de devoir devenir pêcheur si jamais cela se concrétisait.

Et bientôt, nous arrivâmes à Shikoku ! Durant la dernière heure du voyage et malgré la fatigue de plus en plus forte, je ne pus vraiment décoller mon nez de la vitre du bus. Il me fallait bien voir les moindres détails de la région traversée, comme si je n’allais pas y passer les 10 jours suivants, dans cette région. Mais à ma décharge, il faut reconnaître que cela faisait effectivement longtemps que je n’étais plus allé en terre inconnue.

Mes premières impressions de Shikoku sont donc les suivantes :

  • Il y a vraiment beaucoup plus de maisons traditionnelles que je ne l’imaginais (vous savez, avec des toits ressemblant plus ou moins à des pagodes et ce genre de choses).
  • Puisqu’il est question de toits, certains sont bleus ! Pas bleutés, ou d’une espèce de gris ayant des reflets bleus, non. Un vrai bleu bien bleu et bien vif !
  • Les rizières côtoient les maisons et les villages d’une façon que je ne soupçonnais pas. En fait, la limite entre la ville (ou le village) et la campagne est des plus floues, zones habitées et zones agricoles se mélangeant allègrement, les champs au beau milieu des zones habitées n’étant pas rares.

Cette dernière remarque me fit penser à cette affirmation qu’ont presque tous les Japonais à la bouche quand ils parlent de leur pays : qu’il s’agit d’un petit pays où il n’y a pas de place. Cette affirmation m’avait toujours laissé dubitatif, la superficie du Japon est quand même similaire à celle de l’Allemagne. Certes, il y a plus de Japonais que d’Allemands, mais quand même.
Et là, en regardant la campagne de Shikoku, je compris enfin. Si les zones construites et zones agraires se disputent ainsi l’espace c’est que les collines et montagnes ne sont pratiquement pas construites et sont presque intégralement recouvertes de forêts (tempérées, mais presque vierges). Alors certes, cela nous donne de nombreuses zones vraiment naturelles un peu partout (parce que ces collines/montagnes sont partout), mais cela nous donne aussi des plaines ultra-exploitées jusqu’au dernier mètre carré, et effectivement une sensation de manque de place en découle.

 

Nous arrivâmes à Takamatsu plus ou moins au moment où le soleil se couchait, et après avoir traversé toute cette campagne et ces petits villages si japonais (mon ami Miles qui est américain mais qui vit en Angleterre me fait toujours rigoler quand il dit que quelque chose est « so French », mais pourtant je ne sais comment qualifier ces villages et cette campagne autrement que par « si japonais »), Takamatsu semblait relativement « normale. » Certaines parties de la ville traversées par le bus (surtout des zones commerciales et de bureaux) me faisaient même étrangement penser aux États-Unis, à part le fait que les lettres romaines avaient pratiquement disparues du paysage.
(NdR: J’ai appris entre-temps que Takamatsu fut pratiquement rasée en 1945 par des bombardements, elle fut donc certainement reconstruite par les Américains aussi). De l’anglais apparaissait parfois de-ci de-là. Selon 康代, c’est pour que les étrangers s’y retrouvent un peu, mais la plupart du temps les choses écrites en anglais sont les plus évidentes, celles qui ont finalement le moins besoin d’être traduites (comme les sorties d’autoroute par exemple). Plus de détails sur ce phénomène plus tard. Je repérai aussi quelques termes français dans la ville, dont un Café La Seine et près de la gare, un étrange bâtiment très fermé appelé La Palourde Rouge. Ce nom ne cessait de me faire délirer (on m’avait averti de l’existence du « franponais » : tous ces mots français ici ou là qui n’ont aucun sens mais à l’attrait indéniable pour les locaux… un peu comme l’anglais en France il n’y a encore pas si longtemps, ou les Kanji aujourd’hui en fait). Puis 康代 m’expliqua qu’il s’agissait en fait d’un bordel qui ne disait pas son nom… Du coup, le nom du lieu prenait un sens totalement différent, et je fus impressionné et hautement amusé par la subtilité et l’espièglerie du propriétaire des lieux.

Pour cette première nuit, nous dormîmes dans un hôtel, mais avant, j’eus ma première vision du port de Takamatsu (la partie voyageurs, pas industrielle) avec son célèbre (du moins dans la région) phare rouge. Je pus aussi distinguer non loin mais dans l’obscurité la plus totale la silhouette d’une île qui aurait son importance quelques jours plus tard (vous l’avez compris, c’est celle qui a donné son nom à ce blog).

Phare Rouge de Takamatsu

 

À suivre
(promis, les autres entrées seront moins longues et auront plus de photos)

 

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