En France on a des vieilles pierres, au Japon, ils ont du vieux bois… (6e jour – 24 mai 2010 – première partie)

 

Il faut avouer que le 6e jour de ce voyage ne commença pas très bien. Tout d’abord il pleuvait beaucoup, et ensuite j’ai mangé le seul mauvais petit-déjeuner (voire le seul mauvais repas) de mes deux séjours au Japon. À croire que ce que l’hôtel avait mis dans les Yukata et les Sentō, il ne l’avait pas mis dans un bon cuisinier.

Oh well…

Ticket Horyu-jiNous enchaînâmes aussitôt après un des moments marquants de ce voyage (quoiqu’il en fut rempli de moments marquants ce voyage) puisque nous nous rendîmes au temple Hōryū-ji qui se trouve à quelques kilomètres à l’ouest de Nara.

Hōryū-ji ça ne dit pas grand-chose à grand nombre de Français et c’est bien dommage, car voyez-vous, non seulement il est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco, mais c’est surtout un des principaux trésors nationaux du Japon.

Il s’agit d’un temple bouddhiste qui a pour particularité – entre autres – de posséder le plus vieux bâtiment en bois du monde, à savoir sa pagode à cinq étages qui date du début du 8e siècle ! Oui, oui, vous avez bien lu : la pagode à environ 1300 ans !!!

 

Pagode Horyuji
C’est elle

 

Je vais essayer de ne pas trop me perdre dans les détails mais le temple fut fondé par le prince Shōtoku et fut terminé environ en l’an 607. Il aurait brûlé en 670 et fut reconstruit pour être de nouveau terminé aux alentours de 710. Il se dresse fièrement là depuis. Des rénovations majeures ont été faites au 12e, 14e et 17e siècles, mais depuis pas vraiment sinon quand le Kondō (bâtiment principal) fut reconstruit après avoir en partie brûlé en 1949 (et du coup, il n’est plus, lui, le deuxième plus vieux bâtiment en bois du monde, même si les morceaux originaux qui subsistent le sont).

 

Kondo Horyuji
Le Kondō sous la pluie

 

Mais la pagode, elle, elle tient bien depuis 710 et des poussières et ce bien qu’elle mesure 32,5 mètres de haut. Une des raisons de cette prouesse provient de sa structure : chaque étage est fixé à un pilier central et ils ne sont pas liés entre eux, c’est-à-dire qu’ils n’ont à supporter que leur propre poids, pas celui de ceux au-dessus. Cette structure a aussi l’avantage de conférer à l’édifice une grande élasticité et il est du beaucoup plus résistant aux séismes que d’autres bâtiments moins hauts et donc que l’on estimerait moins susceptibles de s’effondrer à première vue.  Bien entendu, un autre facteur de cette longévité c’est une certaine dose de chance.

On estime que le tronc d’arbre ayant servi à fabriquer le pilier central a été abattu en 594. Il est enfoncé à plus de trois mètres sous-terre dans des fondations en pierre. Un os de Bouddha serait enterré sous le pilier.

En plus de son ancienneté, l’intérêt de ce temple réside dans les dizaines (sinon centaines ?) de trésors inestimables dont il regorge, soit dans les bâtiments eux-même, soit dans un petit musée accolé au temple. Jamais dans ma vie je n’ai vu autant de statues et autres artefacts aussi vieux et aussi bien conservés. Mais comme d’habitude dans ces cas-là, les photos sont interdites. Un détail en passant. Si vous me connaissez bien, vous savez que j’ai cette tendance à croiser des gens que je connais dans des lieux très éloignés de là où nous nous fréquentons (des étudiants de Floride à New York, des amis de Floride dans les rues de Paris, etc.) Mais je me disais qu’au Japon croiser ainsi totalement par hasard une connaissance serait impossible. Impossible je ne sais pas, et je vous rassure cela n’est pas arrivé. Ce qui est arrivé par contre, c’est que c’est mon beau-père a croisé un ami à lui au beau milieu de Hōryū-ji (à plus de 300 km de Takamatsu donc).

Après cette anecdote inutile, je me tais un peu (mais pas longtemps) et je laisse la place aux photos que vous attendez tous :

 

Horyuji

 

 Les deux statues suivantes, ce sont les Niō qui gardent l’entrée des temples bouddhistes. Il s’agit de divinités qui voyageaient avec Bouddha et qui le protégeaient du mal et de ce genre de choses.

 

Nio à Horyuji
Agyō

Ça, c’est Agyō que l’on reconnait à sa bouche ouverte, il représente la violence ouverte et explicite, bref, faut pas le faire chier (vous ne vous attendiez pas à ça de la part de bouddhistes, avouez ?).

 

Nio à Horyuji
Ungyō

Et ça c’est Ungyō à la bouche fermée. Lui c’est la force latente (limite la force tranquille) et je pense qu’il vaut mieux ne pas le faire chier non plus.

Et je vous avoue que quand vous vous retrouvez entre les deux et qu’ils vous dévisagent de leur regard foudroyant, la dernière chose que vous avez envie de faire c’est le mariole. Mais, trêve de plaisanterie, ces deux Niō sont parmi les plus célèbres au monde (ce n’est pas un hasard si c’est eux et pas d’autres que l’on retrouve sur la page japonaise de Wikipedia leur étant consacrée) car parmi les plus anciens, mais aussi les plus impressionnants, finement ciselés dans des postures si vivantes que d’un instant à l’autre ils pourraient entrer en mouvement…

 

Horyuji

 

Horyuji

 

Horyuji

 

Horyuji

 

Horyuji

 

Horyuji

 

Horyuji
Vers la partie Est du temple, toujours sous une pluie battante.

 

Yumedono - Horyuji
Yumedono – Le Pavillon des Rêves

 

La partie Est du temple est construite sur l’ancien site du palais de Shōtoku.

Il contient la statue de Kudara Kannon. Une des statues les plus importantes du Japon ancien.

 

Horyuji
Le Beffroi qui contient une grosse cloche. Apparemment, lui aussi est spécial. Je ne sais pas trop pourquoi. Son grand âge certainement ?

 

Horyuji - Collégiens
La saison des voyages scolaires battait son plein (comme nous le verrons de plus en plus au fil des articles suivants)

 

Horyuji

 

 

 

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