Au Japon, ils ont certes du vieux bois, mais parfois, il n’est pas si vieux que ça… (6e jour – 24 mai 2010 – deuxième partie)

La visite d’Hōryū-ji terminée, la pluie daigna enfin se calmer (même si le soleil n’allait pleinement apparaître qu’en fin de journée) et cela tombait bien parce que nous allions passer un certain temps à l’extérieur dans l’après-midi, puisque nous nous sommes rendus sur le site original d’Heijō-kyō.

Et c’est à ce moment-là du récit que je me dois de vous conter – le plus rapidement possible – l’histoire de Nara si vous ne la connaissez déjà :

C’est en l’an 710 que l’Impératrice Gemmei décide de déplacer sa capitale dans la ville Heijō-kyō comme il était assez commun de le faire à l’époque (déplacer sa capitale). La nouvelle capitale fut alors restructurée sur le modèle de Ghang’an, la capitale chinoise de la dynastie Tang, et connue aujourd’hui sous le nom de Xi’an), la Chine étant à l’époque la référence dans à peu près tous les domaines au Japon (et dans presque tout le reste de l’Asie aussi). Débuta alors une période de faste à la cour impériale japonaise et un développement fulgurant pour le Japon sous l’influence de la Chine.

Quand la capitale fut de nouveau déplacée près d’un siècle plus tard,Heijō-kyō fut plus ou moins abandonnée et ses monuments et bâtiments importants tombèrent alors peu à peu en ruine jusqu’à disparaître.

La ville actuelle de Nara est située légèrement à l’est du site de Heijō-kyō, si bien que l’ancien site était surtout recouvert par des champs (et quelques villages) jusqu’à récemment.

Car voyez-vous, l’an 710 c’était il y a 1300 ans, et donc pour cet anniversaire important il fut décidé il y a quelques années de reconstruire certains des bâtiments de l’époque, en particulier le Palais Impérial.

Cela peut sembler surprenant voire choquant pour un Occidental, mais il n’en est rien au Japon, où l’impermanence des bâtiments est une chose acquise et où quand certains bâtiments importants (je parle surtout de temples et de châteaux ici) commencent à être trop vieux et en trop mauvais état, au lieu d’essayer de les réparer ou de les rénover, ils sont bien souvent tout simplement rasés et reconstruits (plus ou moins) tels quels.

Et c’est un peu ce qui a été fait sur le site de Heijō-kyō avec tout d’abord le Suzakumon (la porte principale de la ville) entre 1993 et 1998, puis avec le Palais Heijō lui-même dont la nouvelle incarnation vient d’ouvrir cette année pour les célébrations du 1300e anniversaire de Nara (on notera que le nouveau palais est en fait plus petit -d’environ un tiers- que le bâtiment original).

On notera aussi que le lieu possède un musée que je n’ai pas visité, ainsi que d’autres sites rénovés ou en cours de rénovation.

 

Suzakumon
Suzakumon (la grande porte sud)

Le Suzakumon était l’entrée principale de la ville, un lieu de passage et d’activités intenses. Il s’y tenait parfois des concours de poésie (utagaki). On y recevait aussi les envoyés et représentants étrangers. Le Jour de l’An, l’Empereur en personne se rendait parfois à la porte pour célébrer le changement d’année. Un petit mur d’enceinte de 5 mètres de haut débutait à la porte et entourait les 130 hectares de la ville impériale.

 

Daiichiji Daigoku-den
Hall Impérial du Palais Heijō

 

À 800 mètres au nord de la Porte Suzaku se trouve le Daiichiji Daigoku-den, le Hall Impérial du Palais Heijō et la seule partie qui a été reconstruite. Il fait environ 40 mètres de large pour 27 mètres de haut et 20 de profondeur, il repose sur 44 colonnes de 70 cm de diamètre chacune. Le Hall était alors le plus grand bâtiment de la capitale.

 

Daiichiji Daigoku-den

 

Le Suzakumon vu depuis le Hall Impérial

 

La Loge Impériale à l’intérieur du Palais Heijō

 

Intérieur du Palais Heijō

 

 

Ça doit faire drôle d’habiter au milieu de la campagne et presque du jour au lendemain, on se retrouve voisin du Palais Impérial.

 

 

 

 

 

À l’arrière-plan, la ville de Nara. Au premier plan, des arbustes symbolisant les fondations des autres bâtiments impériaux.

 

 

La visite terminée, nous rendîmes enfin dans la ville de Nara à proprement parler et après un micro-tour de la ville, nous dinâmes dans un restaurant de steak qui n’était ma foi pas mauvais, et je dois dire que cela faisait drôle de manger deux soirs de suite avec des fourchettes et des couteaux.

 

Sarusawa Ike à Nara

 

 

 

 

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