Fushimi Inari-taisha – Renards et Torii (15e jour – 2 juin 2010 – deuxième partie)

 

La première chose faite à Kyōto fut de déjeuner (en fait c’est faux, la toute première chose fut de déposer nos bagages à la consigne de la gare, nous n’allions nous rendre à notre hôtel qu’en soirée, mais est-ce bien important ?). La deuxième fut de remonter presqu’aussitôt dans un train pour nous rendre à la station d’Inari, pas pour la visiter bien évidemment, mais pour nous rendre à Fushimi Inari-taisha, un sanctuaire Shinto que vous connaissez très certainement, même si vous ne vous intéressez pas au Japon. Vous allez comprendre très rapidement pourquoi.

Fushimi Inari-taisha, qui a été fondé en l’an 711 et qui est sous protection impériale depuis l’an 965, est donc un sanctuaire dédié au dieu Inari, le dieu du riz et des moissons – entre autres choses (commerce, prostituées, pompiers, un peu tout quoi) – et il est souvent représenté par un renard (parfois l’on considère que le renard est le messager d’Inari, pas Inari lui-même, c’est vous qui voyez).

Ce qui nous emmène à la première particularité de ce sanctuaire : là où les Torii sont habituellement gardés par des statues de chiens (oui je sais, ils ressemblent souvent à des lions, j’ai d’ailleurs une théorie basée sur rien du tout à ce propos, faites-moi penser à la partager avec vous un jour), à Fushimi Inari-taisha, ce sont des renards. Du coup, on va retrouver des statues de renard partout (mais vraiment partout) dans tout le sanctuaire, qui lui-même recouvre pratiquement toute la montagne.

 

 

La deuxième particularité du sanctuaire, raison pour laquelle vous en avez déjà certainement entendu parler, c’est celle-ci :

 

 

En effet, la montagne est littéralement recouverte de Torii (on les compte par dizaines de milliers je crois).
Au début – parce qu’on m’a toujours dit que les Torii représentent l’entrée d’un espace sacré, la ligne de démarcation entre le monde profane et celui des dieux (en gros) ; et que donc, dans un sanctuaire, plus on franchit de Torii, plus on est dans le sacré – quand j’ai entendu parler de tous ces Torii pour la première fois, je ne pus qu’en déduire qu’il s’agissait d’un endroit sacrément sacré, genre le lieu le plus sacré du Shintoïsme, genre des coins comme le Mont Olympe, Lourdes ou la Mecque, c’est de la rigolade à côté !!!

En fait, la réalité est bien plus prosaïque. Diverses personnes, entreprises et autres organisations, par tradition, croyance ou autres font souvent des dons à tel ou tel sanctuaire partout dans le Japon.
La plupart du temps, ces dons sont matérialisés par des espèces de stèles avec le nom, la date et – je crois – la somme donnée, comme on peut en voir partout à Konpira-san.

À Fushimi Inari-taisha, ces dons sont matérialisés par des Torii ! Et comme Inari est – je vous le rappelle – le dieu du commerce, nombreuses sont les entreprises (de la plus grosse corporation à la plus petite boutique) à vouloir s’attirer la grâce du Kami et les dons affluent, et avec eux augmente le nombre de Torii sur la montagne (quoique je suspecte les autorités du sanctuaire de virer régulièrement les plus vieux – certains étaient d’ailleurs assez endommagés – et de les remplacer par des plus récents).

Parfois, je me demande s’il ne vaut mieux pas garder ses illusions…

Mais qu’importe, le résultat est unique au monde, irréel, magnifique, alors pourquoi s’en priver ?

 

 

 

 

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2 commentaires sur “Fushimi Inari-taisha – Renards et Torii (15e jour – 2 juin 2010 – deuxième partie)”

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