Thé japonais à Agen

 

Ce soir nous nous éloignons un petit peu du Japon – mais seulement un petit peu comme vous allez rapidement le voir – puisque j’ai passé la soirée à un petit évènement que je ne m’attendais pas à trouver à Agen (où je réside actuellement, de manière plus ou moins temporaire, après tout c’est ma ville natale) : une présentation sur le thé japonais !

J’y suis surtout allé par curiosité sans m’attendre à grand-chose et je fus plus qu’agréablement surpris par l’excellente soirée que j’ai passée (au point de souhaiter en parler ici).

Il existe à Agen depuis un certain temps (18 ans si j’ai bien suivi) une association qui s’appelle Les Amis de Nishinomiya et qui – comme son nom l’indique – promeut les échanges culturels et amicaux entre Agen et Nishinomiya. A priori le jumelage n’est pas officiellement à l’ordre du jour – et j’avoue que c’est bien dommage que ma ville natale ne soit pas jumelée avec une ville japonaise quand elle l’est avec tant d’autres villes – pourtant, j’ai l’impression que cette association est bien plus active que d’autres liées à des villes avec lesquelles nous sommes effectivement jumelées (ou alors c’est juste parce que je m’intéresse beaucoup plus au Japon qu’à la Russie et à la Castille que j’ai cette impression, je n’en sais rien).

Et donc, ce soir, grâce aux Amis de Nishinomiya, nous avons assisté à une présentation du thé japonais par Chloé Allaire, une vraie passionnée de thé qui tient un magasin à Toulouse du nom de Saveurs & Harmonie où je vous conseille d’aller faire un tour si vous en avez l’occasion (je n’y ai jamais mis les pieds – mais cela sera très certainement fait lors de mon projet passage à Toulouse – mais il n’était pas difficile de décerner la passionnée et la connaisseuse en elle)

Après un petit historique du thé au Japon, nous avons eu droit à une dégustation de thé comme jamais je n’en avais imaginé auparavant. Rien à voir avec une cérémonie du thé, elle a pu nous la décrire, mais pas en réaliser une elle-même (surtout qu’il y avait une grosse vingtaine de personnes dans la salle), juste différents types de thés, expliqués puis goûtés.

Nous avons donc bu les thés suivants :

  • ShinchaMacha : Le thé vert en poudre des cérémonies du thé. Amer, pâteux, il déconcerte ceux qui ne sont habitués qu’aux thés infusés, personnellement, il reste mon préféré.
  • Gyokuro : Le thé le plus rare et le plus précieux si j’ai bien tout suivi. Il est issu uniquement de la récolte de la feuille la plus proche du bourgeon sur le théier, mais surtout, les feuilles sont récoltées, en avril, à la main, après que l’arbuste ait été privé de soleil pendant trois semaines exactement, recouvert d’une natte en feuille de bambou ou en paille. Ainsi, le théier, pratiquement en danger de mort, envoie toute sa sève, sa chlorophylle, ses acides aminés et tous les autres éléments nécessaires dans les bourgeons pour s’assurer de leur survie, et bien évidemment les feuilles les plus proches en reçoivent en grande quantité aussi, ce qui donne au thé un goût et une finesse rares.
  • Kabuse : Thé issu de la même technique que le Gyokuro, d’un goût assez similaire tout en étant différent (oui je sais, cela ne vous avance pas beaucoup).
  • Kukicha : Un thé où les brindilles des fleurs du théier de l’année passée on été ramassées (à la main bien évidemment, il s’agit ici de récolter une brindille de moins d’un centimètre de long, déjà plus ou moins sèche et prête à tomber) et incorporées aux feuilles. Cela affecte bien évidemment le goût qui va rester plus longtemps en bouche et aura un côté un peu plus crémeux (la saveur, pas la texture).
  • Genmaicha : Thé très souvent consommé avec les repas au Japon (si vous êtes allés au Japon, vous en avez plus que probablement bu), des grains de riz soufflés sont incorporés au thé pour lui donner ce goût unique. La pratique provient très certainement du fait que les populations les plus pauvres et les plus éloignées des régions théicoles prirent pour habitude de mélanger leur thé avec des céréales pour économiser les feuilles rares et précieuses. Mais la légende raconte une histoire bien plus haute en couleur (après tout c’est le rôle des légendes) : Un jour, un homme nommé Genmai, serviteur de samouraï de son état, renversa par accident du riz dans le thé de son maître. De rage, celui-ci décapita Genmai sur le champ (vous savez comment sont les samouraïs à toujours jouer avec leurs katanas). Il but toutefois le thé pour ne pas le gaspiller et découvrit avec surprise qu’il était tout à fait bon de la sorte. Il nomma donc le thé Genmaicha en l’honneur de son serviteur qui inventa involontairement la recette au prix de sa vie.
  • Macha-iri Genmaicha : Le même, mais les grains de riz ont d’abord été recouverts de Macha, ce qui donne au thé une couleur plus verte et un goût plus fort.
  • Sobacha : En fait, il ne s’agit pas de thé à proprement parler mais de graines de Soba (sarrasin) torréfiées et infusées. Le goût malté est très intéressant.
  • Hōjicha : le thé grillé que vous connaissez certainement aussi si vous êtes déjà allé au Japon. Attention, il s’agit bien de thé vert torréfié et aucunement de thé noir (fermenté donc). Le thé noir n’existe pas au Japon (enfin, si, je suis presque sûr qu’on peut en trouver, mais ce n’est pas du thé japonais).

Voila. Tout cela pour vous dire que s’il n’existe qu’une seule plante de thé, le Camellia sinensis, (contrairement à certaines idées reçues et autres bêtises racontées dans les magazines féminins toujours prêts à vous vendre le dernier mensonge à la mode), il existe de multiples façons d’en faire du thé, et ceci pas uniquement par rapport au sol et au climat où la plante pousse, ni au fait que la feuille soit fermentée (thé noir, que je n’aime pas du tout – et dire que pendant des années j’ai cru que c’était le seul type de thé) ou pas (thé vert).

Sur ce, j’aurais bien envie d’aller me coucher, mais avec tout le thé que j’ai bu ce soir, je ne sais pas si cela va être possible avant un petit moment.

(sources « types de thé » : Chloé Allaire et Wikipedia ; source image : Wikimedia)

 

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