Toi, Moi, des Livres et de la Viande

 

Un truc que j’aime bien dans la méthode de japonais que j’utilise c’est la façon dont sont enseignés les Hiragana.

Mais avant d’aller plus loin, je me dois peut-être de vous expliquer ce que c’est qu’un Hiragana (vous pouvez aussi cliquer sur le lien au-dessus).
Or donc, les Hiragana c’est un des alphabets du japonais. Bon déjà c’est pas exactement un alphabet, c’est en fait un syllabaire, les caractères du japonais ne représentant pas des lettres dans le sens où nous l’entendons, mais des syllabes. Ensuite, vous aurez remarqué que j’utilise le pluriel. Car, comme vous le savez certainement déjà, les Japonais n’aiment pas la simplicité, alors pourquoi avoir un seul système d’écriture quand on peut en avoir plusieurs ? Et quand je dis plusieurs, je ne veux pas dire deux, mais bien trois, voire même quatre si on veut être un peu pinailleur !

Donc en premier lieu, il y a les Hiragana. Ce sont les symboles que les petits japonais (et les grand étrangers apprenant le japonais) apprennent en premier, ce sont donc les lettres de base, qui pourraient en théorie servir pour tout, mais qui en pratique ne servent essentiellement que pour les enfants et pour les termes grammaticaux, si j’ai bien tout compris.

Viendront ensuite les Katakana, qui eux servent à écrire les mots d’origine étrangère. Et il y en a un paquet en japonais ; nos soi-disant « défenseurs de la langue française » qui ne sont au final que des xénophobes linguistiques devraient en prendre de la graine, le japonais étant l’exemple parfait pour montrer que l’apport de mots étrangers contribue à la richesse et la vivacité d’une langue, et que c’est être protectionniste et vouloir la figer qui lui fait le plus de mal.
Pourquoi utiliser deux graphies différentes, après tout dans les autres langues, on s’en fiche de l’origine du mot quand on l’écrit. La seule réponse que j’ai trouvée jusqu’à présent : parce qu’ils le peuvent ! (j’essaierai de me pencher plus sérieusement sur le problème quand nous nous attaquerons à ces derniers)

Puis il y a les Kanji, en d’autres termes les caractères chinois utilisés en japonais. Car n’oublions pas que l’écriture au Japon vient de la Chine et si les Japonais ont développé leur propre système d’écriture à partir des caractères chinois, ils ont aussi gardé ces derniers dans leur langue. Vous savez peut-être déjà que ces caractères se comptent par milliers, qu’il s’agit d’idéogrammes et non de phonogrammes (comme nos lettres à nous, ainsi que les Kana), c’est-à-dire que chaque caractère représente une idée, un concept, un sens, et comme les Japonais trouvaient cela trop simple, ils ont décidé de ne pas associer un mais deux sons à chaque Kanji. Mais je suis sûr que je vous parlerai de tout cela plus en détails une autre fois. Sachez toutefois que les Kainji sont essentiellement utilisés pour les noms (et les adjectifs et les verbes ? Je le crois aussi).

Finalement, il y a les Romaji, plus connus dans nos contrées par l’appellation d’alphabet romain, vous savez les 26 lettres que j’utilise pour vous écrire en ce moment. Oui, les Japonais utilisent de temps à autres notre alphabet… Mais ne vous réjouissez pas trop vite, ils l’utilisent surtout pour écrire en anglais (ou plus rarement en français et d’autres langues moins intéressantes) ou alors pour les grandes marques internationales. Oui, même au Japon, Sony et Toyota s’écrivent comme chez nous. Mais ce sera à peu près les seules fois où vous verrez des Romaji au Japon même si, depuis 1945, les panneaux de signalisations sur les routes sont en général en écritures japonaises et en Romaji.

Et si je voulais être vraiment pointilleux, je pourrais dire qu’ils utilisent même un cinquième système de graphie, pour les chiffres, vu qu’ils utilisent les chiffres arabes de plus en plus. Non, avant ils n’utilisaient pas les chiffres romains, mais les chiffres chinois. De ça aussi, je vous en reparlerai un jour.
Mais revenons maintenant aux Hiragana qui sont quand même notre sujet du jour.

La plupart du temps (vu ce que j’ai observé à droite ou à gauche) la façon d’enseigner les Hiragana est plutôt simple : on vous refourgue leur liste et vous reviendrez quand vous les aurez tous mémorisés. Un détail : il y en a environ 50 des hiragana. Je sais pas vous, mais moi j’ai besoin de sens. Pour apprendre la moindre chose, il faut qu’elle fasse sens pour moi, si ça n’a pas de sens à mes yeux, ça rentrera pas. J’apprends comme ça, j’enseigne comme ça, alors si on espère me faire apprendre une liste de 50 signes cabalistiques comme ça, on se met le doigt dans l’œil.

Mais ce bouquin a ça de bien, que la façon qu’il a d’enseigner les Hiragana fait sens, car on apprend des mots en même temps qu’on apprend leur graphie.
Et donc les trois premiers hiragana que j’ai appris furent :
あ (a), な (na) et た (ta) parce que あなた (anata) ça veut dire « tu » ou « toi ».
Ainsi, j’apprends des mots au fur et à mesure que j’apprends des lettres. Et pas seulement des mots, les premières bases de grammaire sont enseignées avec.
Et donc, au jour d’aujourd’hui, je peux déjà dire et écrire (comme un enfant) des trucs aussi profonds et utiles que :
– De la viande et des légumes, entre autres : にくややさい (niku ya yasai) (nikou ya yassahi en graphie française)
– Ce dictionnaire-ci ou cette voiture-là : このじしょかそのくるま (kono jisho ka sono kuruma – vous aurez compris que le « u » se prononce « ou », on va pas revenir dessus, la façon de transcrire le japonais en alphabet suit la prononciation anglaise des lettres la plupart du temps, pas la française)
– Ma maison et tes livres : わたしのいえとあなたのほん (watashi no ie –ihé- to anata no hon)

Mais n’ironisons pas. Sérieusement, en juste quelques leçons, là tout seul comme un grand, je commence à connaître un certain nombre de mots et si je ne peux pas encore vraiment construire des phrases, je peux vraiment dire des petits trucs comme ceux que je viens de retranscrire.

En fait, je dois l’avouer, je sais dire plus de trucs, y compris des phrases complètes que 康代 m’a apprises ici ou là, mais je ne sais pas forcément les écrire, et surtout par souci de clarté (et d’intérêt des deux personnes que ces articles sur mon apprentissage de la langue intéresseront) je me cantonne à ce que j’apprends « officiellement » dans ce livre (et ceux qui suivront, ainsi que les vrais cours quand j’en suivrai).

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