De retour

 

Takamatsu Megijima OgijimaJe suis donc rentré hier soir en fin d’après-midi de ce voyage bien trop court. Bien évidemment, je suis encore totalement décalqué par le décalage horaire (certaines personnes ne sont que très peu gênées par celui-ci, je ne suis pas l’une d’elles) mais hors de question de vous laisser ainsi sans nouvel article plus longtemps !

Contrairement à mes voyages précédents je ne ferai pas de description jour par jour ; je le décrirai de manière plus thématique que chronologique (oui bon c’est déjà un peu ce que je fais depuis quelques mois en fait), sans pour autant oublier les quelques sujets datant du voyage précédent et non encore traités.

Mais aujourd’hui, je vais toutefois vous faire une petite chronologie rapide agrémentée de quelques commentaires et descriptions n’ayant pas vraiment leur place ailleurs.

Nous sommes donc partis le 6 juin à l’aube de chez moi, direction l’aéroport de Toulouse-Blagnac pour prendre un premier avion qui allait nous emmener à Francfort. Déjà un voyage qui ne débute ni ne finit par Charles de Gaulle est un voyage qui ne peut pas vraiment être raté (un des multiples avantages de ne plus vivre dans cette maudite ville qu’est Paris).
Rien de bien particulier à Francfort, nous ne restâmes que peu de temps dans l’aéroport, d’ailleurs c’est marrant je crois que l’Allemagne est le seul pays dans lequel je me suis rendu plusieurs fois et où je n’ai jamais passé plus de quelques heures à chaque fois.
Dans la salle d’embarquement, je compris rapidement que l’avion serait essentiellement rempli de Japonais, plus tout jeunes pour la plupart, qui revenaient de voyages organisés ici ou là en Europe. Très peu d’Occidentaux dans l’avion, une grosse dizaine peut-être, il n’était pas impossible que je sois le seul touriste.

J’aime bien la plupart des Japonais, ça je crois que vous le savez déjà, mais s’il est une circonstance dans laquelle j’ai parfois envie de les secouer très fort, c’est quand ils voyagent en groupe. Quoique, même dans ce cas, ce qui m’agace chez eux est vraiment minime à côté de l’irritation que peut provoquer un groupe de touristes français ou chinois. De quoi est-ce que je veux parler ? Du fait que les touristes japonais voyageant en groupe semble dénués de toute volonté propre, comme si le groupe entier ne partageait qu’un seul cerveau, en général celui du guide.
Exemple à Francfort quand fut venu le moment d’embarquer. Nous étions placés au dernier rang dans l’avion et je me faisais une joie d’embarquer parmi les premiers et de ne pas avoir à me farcir un long couloir de voyageurs en train de s’installer.
Sauf que dès que l’annonce fut faite de commencer l’embarquement, un ou deux Japonais se sont mis immédiatement à faire la queue, suivis instantanément de tous les autres, ceci sans tenir compte des numéros de leur place.
Envolé mon petit plaisir de monter dans un avion vide ou presque, à la place, je dus traverser 50 rangées de vieux Japonais s’installant lentement et maladroitement.

Autre détail, amusant cette fois-ci, peu avant l’atterrissage, je redressais mon siège, bien avant que cela ne devienne obligatoire, juste parce que j’en avais envie. Sauf qu’une Japonaise non loin me vit faire et s’empressa aussitôt de relever le sien, et ses voisins la voyant faire s’empressèrent à leur tour de l’imiter au point que tous les sièges de mon coin de l’avion furent relevés en quelques dizaines de secondes de nombreuses minutes avant que l’annonce de l’équipage ne leur demande de le faire.

Finalement, dans l’avion du retour, une fois posés à Francfort, mais encore sur le tarmac, l’avion s’immobilisa un petit moment. Nous n’étions pas encore garés. Je vis soudain des dizaines de têtes se retourner vers leurs voisins, attendant que l’un d’entre eux détache sa ceinture pour pouvoir le faire soi-même.
Mais bon, dans ce cas présent, vous me direz, c’est mieux qu’un avion remplis de Français qui se seraient déjà tous relevés et en train de récupérer leurs bagages à main, d’allumer leurs portables et de se diriger vers la sortir malgré les supplications de l’équipage.

Car même si je critique un peu ce manque d’initiative chronique de pas mal de Japonais, il a aussi bien des avantages, que ce soit dans la cohésion sociale qu’il génère ou plus prosaïquement dans le fait que quand je ne sais pas ce qu’il faut faire dans une situation donnée au Japon, « faire comme les autres » est très souvent la meilleure des solutions.

 

Le vol Francfort – Osaka fut sans histoire, sinon le décollage le plus flippant de ma vie. De manière générale, je n’ai pas peur en avion, sauf un peu au décollage. Et là, je ne sais pas si c’était le temps de merde en Allemagne ou je ne sais quoi, mais celui-ci ne fut pas de tout repos, en particulier à un moment où j’ai bien cru que l’avion avait décroché et qu’on allait faire un retour précipité (et très douloureux) sur le plancher des vaches. D’ailleurs quelques minutes plus tard le pilote s’excusa de ce décollage peu orthodoxe causé par des turbulences à basse altitude ou un truc du genre. Pas un truc que j’ai envie de revivre avant très longtemps.

Le reste du voyage se déroula sans problème. L’arrivée à Kansai International Airport fut assez rapide et cette fois-ci, je savais comment poser mes doigts sur la machine à empreintes digitales (le truc c’est qu’il faut appuyer un peu, pas juste poser ses doigts). Pas le temps de flâner dans l’aéroport, le bus pour Nanba partait quelques minutes plus tard, et pareil à Nanba, à peine le temps d’acheter les tickets et des Onigiri pour le déjeuner que nous étions en route pour Takamatsu.

À partir de là, le programme fut le suivant :

  • Lundi 6 : Arrivée à Takamatsu, petit tour en ville et au Sunport.
  • Mardi 7 : Journée « pèlerinage de Shikoku » avec visites de Yakuriji (qui est la réponse de ma devinette de la semaine dernière), Shidoji et Nagaoji, soit les temples 85, 86 et 87 (toujours pas vu le temple 88 par contre), ainsi qu’une visite de la pineraie de Tsuda.
  • Mercredi 8 : Retour à Yashima et au temple Yashimaji (temple 84), visite de l’aquarium de Yashima.
  • Jeudi 9 : Après-midi passée à parler anglais à des enfants de 4 à 12 ans. Plus de détails… Bientôt… Peut-être… 😉
  • Vendredi 10 : Retour à Teshima, sous la pluie. Rencontre sympa sur l’île une fois de plus. Soirée passée chez Cathy Hirano que je rencontrais pour la première fois après près d’un an de correspondance.
  • Samedi 11 : Malgré une nouvelle menace venue des nuages, nous prenons le risque d’aller nous tremper de nouveau sur Ogijima. Bien nous en a pris, les nuages sont finalement partis et la fin de journée fut magnifique, pas seulement à cause du temps.
  • Dimanche 12 : La pluie fut de retour plus forte que jamais (en même temps, juin c’est la saison des pluies au Japon) au point de devoir annuler notre plan A (Oshima) et notre plan B (Ritsurin) et de devoir nous contenter de passer l’après-midi dans les rues couvertes de Takamatsu.
  • Lundi 13 : Petite escapade sur Honshū pour la journée, plus précisément dans la Préfecture d’Okayama avec visite du château et du parc de la ville d’Okayama, suivie d’un tour en vélo dans la campagne entre Bizenichinomiya et Sōja avec quelques temples, beaucoup de rizières et un Kofun au programme.
  • Mardi 14 : Retour sur les traces de Kōbō-Daishi avec visite des temples Tennōji (79), Konzōji (76) et surtout retour à Zentsuji (74), pour mémoire lieu de naissance de Kōbō-Daishi, et cela tombait bien son anniversaire y était célébré pendant deux jours (sa date de naissance serait le 15 juin 774, même si les sources diffèrent).
  • Mercredi 15 : départ de Takamatsu. Soirée à Izumisano, dans la banlieue d’Osaka à proximité de Kansai International Airport.
  • Jeudi 16 : retour à la maison via Francfort et Toulouse.

Voilà, c’était de quoi vous faire saliver pour les semaines à venir.

 

Note finale : je prierai à tous les gens de Takamatsu que je connais et que je n’ai pas contacté pour les prévenir de mon passage de bien vouloir me pardonner (je pense ici tout particulièrement aux gens de Shikoku Muchujin), mais le voyage fut vraiment décidé au dernier moment ce qui m’empêcha – entre autres choses – de contacter tous les gens que j’aurais souhaité voir. La prochaine fois, je n’y manquerai pas, promis !

 

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