Seijima et Shamijima, début avril

Il y a une semaine, je me suis rendu sur Shamijima qui vous est peut-être un peu familière si vous lisez ce blog depuis assez longtemps, mais aussi sur Seijima dont je parle pour la toute première fois ici, et que je ne visitais que pour la deuxième fois (et encore une visite trop rapide et incomplète).

Comme tous les trois ans, pendant la session de printemps de la Setouchi Triennale, Shamijima accueille un certain nombre d’œuvres d’art. Mais cette année, même si ce n’est pas vraiment spécifié nulle part jusqu’à présent, elle aura sa voisine Seijima à ses côtés.

Les deux îles situées à quelques kilomètres l’une de l’autre et étant toutes deux situées dans la ville de Sakaide, ont cette particularité de ne plus être des îles. En effet, elles ont été rattachées à Shikoku à la fin des années soixante (1967 pour Shamijima et 1968 pour Seijima) lorsque la côte de Sakaide fut transformée en une gigantesque zone industrielle.

Pour vous donner une idée, voici à quoi les deux îles ressemblent aujourd’hui et voici à quoi elles ressemblaient quand elles étaient encore vraiment des îles (voir les photos en noir et blanc). Paradoxalement, cette destruction de leur environnement naturel a épargné les îles de l’exode massif qu’ont connu toutes les autres. D’un côté, celles-ci étant désormais accessibles par la route, il est plus facile de travailler sur Shikoku tout en vivant sur l’île, et de l’autre, l’ouverture de la zone industrielle fut source d’emplois alors que les emplois plus traditionnels autour de la pêche et de la récolte du sel se raréfiaient.

Et donc le week-end dernier, nous sommes allés y faire une petite balade, pour prendre l’air en ce début de printemps et aussi pour reconnaître un peu les lieux.

 

Un des trois villages de Seijima, qui a de faux airs d’Ogicho, étant lui aussi légèrement à flanc de collines.

En effet ses ruelles rappellent un peu Ogijima.

En m’y baladant, je suis tombé sur un artiste dont j’ignore le nom (il n’est pas listé sur le site officiel) qui préparait son installation avec des étudiants (depuis 2013, Shamijima accueille les étudiants en design et art de l’université de Kobe, je crois que c’est eux qui seront à Seijima cette année).

Je réalise que je n’ai pas vraiment pris de photos du village. La prochaine fois.

 

 

Arrivés en suite à Shamijima, nous nous sommes garés au bord de la plage ouest de l’île pour tomber sur ce panneau très étrange :

 

Il y en avait plusieurs sur le bâtiment au bord de la plage. Vous aurez deviné qu’il avertit de la présence de requins. Mais je trouve la chose très étrange pour deux raisons : il n’y a pas à ma connaissance de requins dans la Mer Intérieure de Seto (sinon de tout petits inoffensifs), et ce « panneau » ne me semble pas très officiel quand même.

 

Il s’agira de Yotta’s Floating Boat of Demons par Yotta.
Je n’en sais pas vraiment plus, et je n’ai pas osé les déranger, ils étaient très occupés.

 

 

Des gens ramassaient des algues.

 

 

Le Grand Pont de Seto démarre juste à côté de Shamijima et il s’agit d’un des meilleurs endroits pour l’observer près de son extrémité sud.

 

Savez-vous qu’environ 50% de la côte japonaise est bétonnée. On vous donnera tout un tas de raisons pour cela, mais la principale c’est que la plupart des Japonais de la génération d’après-guerre ne savent pas apprécier la beauté de la nature et lui ont préféré le croissance et ce genre de choses (couler du béton partout, ça a créé des emplois, et ne vous y trompez pas c’est la seule et unique raison de ce bétonnage intense du Japon).

Cependant, malgré une hideuse zone industrielle juste à côté, il reste encore des coins de ce genre au Japon :

 

Un de mes paysages préférés de la région, même si la pollution atmosphérique était malheureusement au rendez-vous ce jour-là.

 

Si vous êtes venus sur Shamijima en 2013 ou 2016 (ou toute autre année) vous allez remarquer des changement sur la côte nord. Quelques bâtiments de l’ancienne école sont toujours là (ils accueillent diverses choses, y compris des œuvres de la Triennale), mais la plupart ont disparu, pour laisser place à une esplanade/parking.

Et un passage sur Shamijima n’est jamais complet sans une petite ascension de Stratums de Tanya Preminger. L’une des oeuvres préférées de mes enfants, et j’avoue avoir un petit faible pour elle moi aussi :

 

 

À très bientôt, Shamijima et Seijima, vu que la Triennale débute dans 15 jours et que les deux îles n’en font partie qu’au printemps.

 

 

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