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Premier contact avec Osaka (7e jour – 25 mai 2010 – dernière partie)

 

Oui, vous croyiez le récit du 25 mai terminé, que nenni. Il en manquait l’épilogue. C’est-à-dire le début de mon très bref séjour à Osaka.

Je vais tout d’abord vous parler de notre hôtel, le Family Inn Fifty’s (sic) un drôle d’hôtel thématique qui – comme le nom l’indique – veut ressembler à un hôtel américain des années 50.

Alors, pari réussi ?

Mouais… Les chambres n’ont rien de bien particulier sinon qu’elles sont un peu plus vieillottes que toutes les autres chambres d’hôtel dans lesquelles j’ai résidé au Japon. Par contre, il est vrai que la salle de petit-déjeuner à bien un style de diner américain, d’ailleurs vue de la rue, elle pourrait faire penser à un café ou – justement – un diner américain. D’ailleurs, c’est un petit peu dommage qu’il ne s’agisse pas d’un véritable café au final, juste la salle de petit-déjeuner d’un hôtel.

Puis nous sommes allés à Umeda, le « centre-ville » (ou plutôt l’un des centres-villes ?) d’Osaka, et là ce fut une espèce de mini-choc culturel puisqu’enfin je me retrouvais confronté au Japon tentaculaire, sur-urbanisé, surpeuplé et hyperactif dont on entend toujours parler. Je dis « enfin » parce que j’ai l’impression que bien souvent c’est le seul Japon que la plupart des Occidentaux connaissent, alors que personnellement, après deux voyages au Japon et – à ce moment-là de l’histoire – 17 jours passés dans le pays, je ne l’avais toujours pas croisé. Et finalement, ce Japon très urbain, je ne le trouve pas si japonais que ça au final

D’ailleurs Osaka me donna presqu’en permanence l’impression d’être à Manhattan, que ce soit l’architecture, le flot permanent de gens, et même les quartiers plus calmes comme celui-ci de l’hôtel.

Mais étrangement, et c’est peut-être en ça que ces centres urbains sont très japonais, aucune sensation de stress, d’agressivité et de tensions comme dans les grandes villes occidentales.

 

Umeda possédait quelques éléments assez intéressants :

– Des chanteurs de rues un peu partout… Mais là où les chanteurs de rue à Paris (les seuls autres chanteurs de rue que je connaisse) sont limite des SDFs (et parfois plus que limite) ou des Roms, à Osaka, il s’agit de « jeunes qui n’en veulent » et qui font ça pour essayer de se faire découvrir par un producteur ou un agent dans le but de bien évidemment devenir de grandes stars. Et apparemment, ça marche. Il me fut confirmé que plusieurs stars débutèrent leur carrière de la sorte. Autre différence, au Japon, les gens s’arrêtent pour les écouter (et pas seulement les touristes comme à Paris), peut-être dans le but de pouvoir dire qu’eux aussi, ils ont découvert tel ou tel chanteur célèbre (quoique le plus souvent il s’agit de chanteuse) alors que ceux-ci chantaient encore dans la rue, qui du coup devient un peu l’équivalent du bar dans les villes universitaires aux États-Unis (où on débuté presque tous les grands groupes américains).

 

– 康代 avait besoin de remplacer son dictionnaire électronique (un jour, il faudra que je vous parle de ces petites merveilles technologiques dont tout Japonais expat – ou souhaitant le devenir – ne peut tout simplement pas se passer, pour le meilleur et pour le pire – c’est le prof de langues que je suis qui s’exprime sur ce dernier point), l’ancien n’étant plus tout jeune et ayant fait une chute malencontreuse quelque temps auparavant. Nous nous sommes rendus à Yodobashi Camera, c’est-à-dire un des plus grands magasins d’électronique que j’ai eu l’opportunité de voir. Je vous mets quelques vidéos de celui que j’ai visité, et un autre à Tokyo, histoire que vous vous fassiez une idée si vous ne connaissez pas déjà, mais sachez que ces vidéos sont bien en dessous de la réalité en ce qui concerne l’expérience de saturation sensorielle que l’on vit en ce lieu : des sons, des néons, des produits électroniques, des écriteaux absolument partout et sur sept étages !!! C’est simple, si vous cherchez un produit donné et que vous ne le trouvez pas, c’est que :

  • Vous n’êtes pas japonais et vous vous sentez soudainement désemparé par une telle abondance de tout.
  • Ou bien c’est que ce produit n’existe tout simplement pas au Japon.

Pour en revenir aux dictionnaires électroniques, en France, vous allez à la FNAC, vous en trouvez combien ? Trois ou quatre environ. Là, il y en avait plusieurs dizaines (peut-être une cinquantaine). Ils ont plus à voir avec un mini-ordinateur spécialisé (dictionnaire bilingue voire plus, dictionnaire monolingue, encyclopédie, écran tactile et clavier et pad tactile de reconnaissance de Kanji, etc.) Et c’est pareil pour tout. Les téléphones portables, je n’ose même pas essayer de penser au nombre de modèles différents qu’il pouvait bien y avoir, cela se compte par centaines.

 

– Cette soirée, fut aussi l’occasion de voir l’univers du Mizu-Shōbai pour la première fois, c’est-à-dire le monde du « commerce de l’eau », un joli euphémisme pour parler du monde de la nuit au Japon (car vous vous douterez que bien peu d’eau y est consommée).
Vu seulement, pas fréquenté. J’ai passé l’âge de ces conneries dirons certains.
Oui, il y a de ça. Il y aussi le fait que j’ai l’impression que c’est un univers qui m’est assez impénétrable en tant qu’étranger, même si je souhaitais le faire, en tout cas impénétrable autrement qu’en tant que touriste Gaijin qui y va pour s’encanailler (pas vraiment mon truc).
Bon, je grossis un peu le trait, le « Mizu-Shōbai » englobe des univers très différents les uns des autres, les Izakaya en font par exemple partie, et ils ne sont finalement pas bien différents de mes pubs anglo-saxons adorés. Je veux plutôt ici parler du monde des hosts et des hostesses, un concept que j’ai encore du mal à comprendre… Une espèce de prostitution sans sexe (enfin, pas toujours) en somme… Le plus marquant à première vue chez ces gens-là est bien entendu leur apparence extérieure, que je présuppose sexy et attirante selon certains critères locaux mais que je trouve en général totalement vulgaire et clairement « pas possible ». Voici quelques exemples ici et là.

Je pense aussi qu’une des choses qui rend ces quartiers surréalistes c’est le fait qu’il s’agit clairement des « quartiers chauds » japonais, avec leurs rabatteurs, leurs filles qui attendent leur rendez-vous dans la rue (version japonaise de « faire le trottoir » ? oui, plus ou moins), parfois même quelques yakuzas (je n’en ai pas vu à Osaka, ce fut pour plus tard) et autres joyeusetés dans le style ne trompant pas ; mais malgré tout cela, il y a une dimension « pas vraie » à la chose. Peut-être parce que l’on y est totalement en sécurité – pas comme les quartiers chauds du reste du monde donc – que les rues sont propres (quoique cette rue-là d’Osaka – une rue couverte à côté d’Umeda, peut-être dans Dōyamachō – était certainement la rue la plus sale que j’ai vue de tout mon voyage ; c’est-à-dire qu’elle était bien plus propre que presque toutes les rues parisiennes), que ces rues sont fréquentées par des gens pas très recommandables certes, mais aussi par monsieur et madame tout le monde qui passe par là pour rentrer à la maison ou faire du shopping, nombre de boutiques tout ce qu’il y a de plus commun côtoyant les host-clubs et autres.

Bref, une contradiction de plus (du moins à mes yeux d’Occidental) dans cette société décidément plus que fascinante.

 

– J’ai pris le bus au Japon ! Même une activité aussi triviale offre son lot de nouveautés et de dépaysement : tout d’abord, pour attendre le bus, les gens font poliment et calmement la queue, personne ne double personne, personne ne pousse personne, personne n’est agressif avec personne, tout le monde comprenant que tout le monde aura une place dans le bus, pas la peine de transformer cette attente en drame (ça nous change de Paris, où c’est régulièrement « Règlements de comptes à OK Corral du troisième âge » dans le bus). Ensuite, on entre par l’arrière et sort par l’avant, c’est un détail ça aussi, mais c’est assez intéressant pour le noter, et donc, du coup, on paie en sortant et pas en entrant (il va sans dire que le concept même de resquiller semble totalement inconnu au Japon). Finalement, bien que les Japonais soient plus petits que les Européens, on n’y manque étrangement pas de place, par contre, ça ne rate jamais, je me suis pris presque systématiquement la barre centrale accrochée plafond bien pratique pour se tenir en cas d’affluence mais bien problématique quand on mesure plus d’un mètre quatre-vingt et que l’on veut se déplacer dans le bus.

Finalement, ce bus me permit aussi d’entrevoir un petit bout de la vie passée de 康代 car cette ligne de bus nous conduisant d’Umeda à notre hôtel était la même que celle qu’elle prenait quotidiennement pour se rendre au travail quand elle vivait à Osaka il y a quelques années.

 

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2 commentaires sur “Premier contact avec Osaka (7e jour – 25 mai 2010 – dernière partie)”

    1. Merci.
      Oui, je regrette de ne pas avoir passé plus de temps à Osaka (une prochaine fois). Je ne suis en général pas fan de grandes villes (mes 5 ans passés à Paris m’ont vacciné à tout jamais je crois, d’ailleurs Tokyo me laisse assez indifférent), mais il y a quelque chose d’intéressant à Osaka, je ne saurai encore dire quoi, et il me tarde d’avoir l’occasion de gratter la surface un de ces jours prochains.

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