Minshuku sur Honjima

 

Comme vous le savez déjà, j’ai pris quelques jours de vacances en octobre durant lesquels j’ai passé un peu de temps sur quelques unes des îles de la région. La plupart d’entre elles sont des habituées de ce blog, mais j’en ai aussi découvert une nouvelle (aussi surprenant que cela peut vous paraître, il existe encore tout un tas d’îles que je ne connais pas). Il s’agit de Honjima. Je vous la présenterai donc au fil de divers articles au cours des mois à venir. Aujourd’hui, je voudrais vous parler plus en détails d’une expérience très intéressante que j’ai vécue sur l’île. Il s’agit de ma première nuit dans un minshuku.

Si vous ne le savez pas déjà, un minshuku c’est une chambre d’hôtes japonaise. Une sorte de Bed & Breakfast quoi. Je suppose qu’il en existe de toutes les sortes, mais celui-ci était pourtant très particulier.

Il s’appelle Yakatabune et est situé dans un bâtiment vieux d’environ 150 ans, mais qui a été récemment rénové, et qui se trouve dans le village de Kasashima qui a la particularité de posséder un grand nombre de bâtiments datant de la fin de l’Ère Edo et du début de l’Ère Meiji. Je vous montrerai plus tard des photos du village, mais quoiqu’il en soit, un séjour en ce lieu vous donne vraiment d’être hors du temps.

 

 

 

Nous arrivons donc dans une grande maison qui est partagée entre les quartiers privés de la propriétaire et les pièces réservées aux clients, c’est-à-dire nous. Je crois savoir que certains grands minshukus peuvent accueillir plusieurs groupes de clients, mais celui-ci ne possède qu’une chambre principale, même si deux pièces sont à la disposition des invités – pour accueillir un grand groupe, où tout simplement une famille ne désirant pas faire chambre commune. Du coup, c’est dans une atmosphère très intime que nous avons passé cette soirée, puisque qu’il n’y avait que nous et la patronne dans la maison.

D’ailleurs je pense qu’il est temps que je vous présente l’intérieur de cette maison pour que vous vous fassiez une idée de à quoi tout cela ressemble.

Une fois passés la porte, nous nous retrouvons dans un vestibule habituel au Japon, là où l’on laisse ses chaussures et où on entre vraiment à l’intérieur après avoir franchi une ou deux marches. Ce vestibule était en fait assez grand, presque une petite pièce, et de suite après, nous nous retrouvons dans une espèce d’antichambre (derrière la fenêtre sur la photo précédente) :

 

 

Au fond, vous devinez la première chambre, là où je pensais que nous allions dormir, mais en fait non (comme je disais quelques lignes plus haut, je pense que cette pièce est utilisée pour les familles nombreuses, ou tout simplement avec des enfants trop âgés pour partager la chambre des parents.

Nous allons maintenant continuer la visite avec quelque chose que je ne fais pas assez souvent sur ce blog (parce que j’arrive pas à m’empêcher d’avoir un ton pas naturel quand je le fais) c’est à dire une vidéo :

 

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Et pour plus de détails, voici une galerie de photos (comme à chaque fois, cliquez sur n’importe quelle photo pour l’agrandir et naviguez ensuite avec les flèches du curseur pour aller à la suivante ou la précédente :

 

 Un détail qui m’avait un peu étonné à notre arrivée, alors que nous étions encore en milieu d’après-midi, notre hôte nous demanda à quelle heure nous souhaitions dîner. C’est vrai que je ne m’étais pas vraiment posé la question du repas du soir, mais ce que j’ignorais c’est que le dîner fait partie à part entière d’un séjour dans un minshuku (du moins celui-ci). Pourtant une chose aurait dû me mettre la puce à l’oreille :  quand nous avons appelé pour réserver quelques jours avant, la propriétaire n’a pas pu nous répondre tout de suite par l’affirmative. Il fallait d’abord qu’elle se renseigne auprès d’un ami pêcheur du village pour savoir s’il pouvait la fournir ce jour-là.

 J’ai commencé à me douter que le dîner ne serait pas anecdotique quand elle passa plus de deux heures à le préparer.

Mais voyez plutôt :

 

 

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Bon Appétit !

 

Je doute qu’il soit nécessaire de vous préciser si le repas était bon.

Bien évidemment, pratiquement tout venait directement de l’île (ou des eaux alentours).

Pour la petite histoire, j’ai aussi mangé du fugu pour la première fois (c’est le plat frit, juste derrière les sashimi, un peu sur la gauche dans la photo précédente), non sans une petite appréhension, je dois vous l’avouer. C’était assez intéressant en fait. Le goût n’avait rien de bien exceptionnel, mais la chair ressemblait plus à de la viande qu’à de la chair de poisson, une viande unique provenant d’un animal inconnu et exotique.

Après dîner, quand nous sommes retournés dans notre chambre, celle-ci s’était transformée comme par magie. La table avait été poussée sur le côté, et des futons étaient apparus. Et après un tel repas, le sommeil ne fut pas difficile à trouver, même si je dois avouer que je n’ai pas très bien dormi, les futons étant très traditionnels et donc pas bien épais. Mais qu’importe, se réveiller dans un tel environnement vous fait rapidement oublier tout cela.

Le lendemain matin, après le petit-déjeuner et avant de partir, notre hôte avait une dernière surprise pour nous. Enfin, pas exactement une surprise, puisque 康代 et elle en avait discuté la veille au soir.

Elle nous emmena un peu en dehors du village jusqu’à son champ pour y ramasser des patates douces !

 

 

 

 

La surprise était que nous nous étions trompés sur ses intentions. Nous pensions qu’elle nous avait proposé de l’aider à en ramasser quelques rangées de son champ parce qu’au cours de la discussion de la veille 康代 lui avait en gros dit qu’elle n’avait jamais mis les pieds dans un champ, et que donc elle voulait lui faire découvrir cette expérience (personnellement, ramasser des pommes de terre, j’ai déjà donné dans ma jeunesse, j’étais donc excusé pour cette fois – il fallait bien que quelqu’un s’occupe de 華). En fait pas du tout (enfin, si, il y avait quand même un peu de ça). Une fois qu’une grosse dizaine de kilos de patates douces a été ramassé, nous sommes retournés au minshuku et là, notre hôte nous informa que la totalité des patates était un cadeau ! N’étant pas motorisés, nous ne pouvions malheureusement pas transporter tout ça et avons malheureusement dû en refuser une partie. Le reste était délicieux (il doit encore en rester une ou deux).

Elle nous a aussi invités à revenir au moins de novembre (tiens c’est maintenant ça) pour apprendre à planter les oignons. Nous étions tentés, mais vu que tout le monde a plus ou moins la crève à la maison, ce sera pour une prochaine fois.

Quand je vous dis que les gens des îles de Seto sont parmi les plus gentils qu’il m’ait été donné de rencontrer et que le fait que les Japonais ne soient pas très chaleureux, surtout avec les étrangers, n’est qu’un mauvais cliché (ou alors c’est vrai seulement dans certaines régions, le Kanto ?).

Quoiqu’il en soit, même si c’était ma toute première expérience de minshuku, je sens qu’il va être difficile de faire mieux avant longtemps.

 

 

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