Les pieds dans Tokyo… (17e jour – 4 juin 2010 – dernière partie)

 

Le 4 juin au soir, nous arrivâmes à Tokyo. Je vais certainement en surprendre quelques uns, mais après 26 jours passés au Japon (en deux fois) c’était la toute première fois que je mettais les pieds dans Tokyo… Alors que pour certains de mes compatriotes, le Japon se résume à Tokyo. Je ne sais pas si cela provient du fait que je viens moi-même d’une petite ville ou si – après avoir côtoyé des Américains presque quotidiennement pendant 12 ans – je sais ne plus faire l’erreur de réduire un pays à sa capitale ou à sa ville principale, surtout que l’expérience – qu’il s’agisse de Paris, de New York ou de Londres – m’a appris que ces villes sont en général les lieux les moins représentatifs du pays où elles sont situées. Mais le fait est que Tokyo ne m’avait jamais attiré, et même cette fois-là, nous nous y sommes rendus parce que cela aurait été étrange qu’après deux voyages et près d’un mois passé au Japon je ne sache toujours rien de sa capitale. Bref, nous étions à Tokyo pour près de trois jours, et nous allions essayer de voir ce que nous allions pouvoir en tirer.

Mais tout d’abord, il s’agissait de rejoindre notre hôtel. C’est-à-dire prendre la Chūō Line (si je me souviens bien) depuis Tokyo Station jusqu’à Yotsuya Station, notre hôtel, le JAL City Yotsuya, se trouvant dans le quartier de Yotsuya, plus précisément Yotsuya Sanchōme… (en regardant le site de l’hôtel, je réalise que les tarifs indiqués sont beaucoup plus élevés que ce que nous avons payé – 康代 ayant eu des réductions substantielles grâce à je ne sais plus quoi). Il est vrai que cet hôtel était assez classe et la chambre très spacieuse.

À noter une première anecdote plaisante : à la sortie du métro, distribution de chewing-gums gratuites. On m’avait expliqué que quand un nouveau produit sortait au Japon, au lieu de (ou plus probablement « en plus de ») dépenser des centaines de millions de yens en publicité, on les dépensait en faisait des distributions gratuites du produit aux sorties de métro pour lancer un bouche à oreille. J’apprécie beaucoup l’idée. Et les gentils distributeurs pas automatiques n’étant pas avares dans leur distribution, j’héritai de deux ou trois paquets pour chaque personne faisant la distribution, si bien qu’il n’y a que trois semaines environ que j’ai fini ma consommation du butin. Le chewing-gum en question était de la marque Meiji – comme l’Empereur – je ne pourrai vous donner plus de détails.

Mes premières impressions de Tokyo à l’issue de ces premières heures en métro et à pied dans quelques rues ?

Ben, mes premières impressions étaient que Tokyo me faisait quand même sacrément penser à une espèce de Manhattan japonais… Et je dois avouer que c’est une sensation qui ne m’a que rarement quittée tout au long des quelques jours que nous y avons passé. Moi qui n’avais cessé d’entendre toutes ces choses sur Tokyo, ville unique au monde, dépaysante, indéchiffrable et ce genre de choses… J’en arrive à croire que les gens qui ont écrit et répété tout cela n’ont jamais mis les pieds à New York City (et que peu dans le reste du Japon). Bon j’exagère un peu, mais j’ai toutefois du mal à trouver Tokyo « unique » et encore moins dépaysante. Il y a d’abord cet urbanisme très occidental quand même. Ensuite tout y est écrit en anglais partout. D’ailleurs il y a tellement d’étrangers, que personne, absolument personne, ne faisait attention à moi, ni dans la rue, ni dans les magasins, encore moins les restaurants… Sensation paradoxalement très bizarre…

Mon premier repas dans Tokyo fut un Izakaya de Yakitori. Et aussi étrangement que cela puisse paraître, c’était la première fois que je mangeais des Yakitori au Japon. Quand je fustige les faux restaurants japonais en France, je critique surtout la piètre qualité des sushis, me disant que du poulet grillé reste du poulet grillé dans le monde entier. Eh bien non ! Nous étions dans un Izakaya, donc pas un haut lieu de la gastronomie japonaise non plus, pourtant leurs Yakitori étaient délicieux et remettent les Yakitori franco-chinois à leur place… Par contre, les Yakitori dans un Izakaya, je déconseille en fait. On mange un peu, on boit un peu, on recommande un peu de nourriture, on boit un peu de nouveau, oh et puis on veut essayer les gésiers grillés, et celui-là c’est quoi? Goûtons aussi… Au final la note peut laisser de mauvaises surprises !

L’étape suivante de cette première soirée fut le haut de l’Hôtel de Ville de Tokyo ou de son vrai nom (en français) : le Siège du Gouvernement Métropolitain de Tokyo !

Si vous ne le savez pas déjà, sachez que ce bâtiment, l’un des plus hauts de la ville est ouvert au public jusqu’à 23 heures, ou du moins la plateforme d’observation située à 202 mètres de haut.

 

 

Tours de Shinjuku vues depuis l’hôtel de ville. En bas…

 

Et en haut.

 

Ensuite, ce fut une petite promenade dans Shinjuku, quartier assez intéressant s’il en est, et aussi de Kabukichō juste à côté… Deux jours auparavant, je pensais que certains quartiers de Kyōto étaient un peu du n’importe quoi, mais là, à part le fait que les gens y sont habillés de façon un peu moins ridicule (j’ai dit « un peu »), je ne saurais comment décrire ces rues, sinon comme une espèce de mélange de Pigalle sous acide et de l’East Village d’il y a 15 ans. Oui bon le lieu est quand même beaucoup moins dangereux que l’East Village d’avant sa gentrification, même si 康代 n’était que peu rassurée par les quelques Yakuzas ou affiliés que nous avons croisés.

 

 

Bref, nous ne nous y sommes pas attardé, je n’apprécie que très peu cette vulgarité déballée et j’ai passé l’âge d’avoir l’impression de m’encanailler parce que je marche dans de telles rues et que je me rince l’œil sur de petites pouffes (excusez ce langage peu châtié auquel je ne vous ai pas vraiment habitués) vêtues comme des prostituées (quand elles n’en sont pas) et maquillées comme des voitures volées (si vous voulez vraiment vous encanailler, c’est pas au Japon qu’il faut aller, ça se passe plus au sud en Asie… Je peux vous trouver quelques adresses à Shenzhen et Macao si vous y tenez).
Par contre, je dois avouer que j’ai bien aimé la partie plus « civilisée » de Shinjuku. C’est pas un lieu où j’aimerais passer tous les jours, mais là comme ça, il y a une énergie pas totalement déplaisante. On y trouve par contre beaucoup trop de touristes français (au point que pour la première fois au Japon, je devais faire attention à ce que je disais dans la rue) et de restaurants italiens… Quand je vous disais que Tokyo ça ressemble à Manhattan.

 


View 4 juin 2010 – Tokyo in a larger map
 
 

 

 

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