65 ans après (14e jour – 1er juin 2010 – première partie)

 

Comment parler de ma matinée du 1er juin 2010 ? Assez difficilement. Comme vous vous en doutez peut-être par rapport à l’entrée précédente, nous avons passé cette matinée à visiter le Parc de la Paix d’Hiroshima et c’est une expérience très intense, mais aussi très personnelle et intérieure qu’il m’est assez difficile de narrer. D’ailleurs, je ne vais pas vraiment essayer.

 

 

Le Tertre des Victimes.
Là où sont enterrées les cendres de 70000 personnes dont les corps n’ont pu être identifiés.

 

Le Cénotaphe

 

 

 

8h15 au Mémorial des Victimes

 

Juste quelques mots sur le Musée de la Paix, le musée qui retrace les événements ayant trait au bombardement de Hiroshima. Avant la visite de ce musée, je n’avais qu’une idée assez abstraite de ce qu’était réellement une bombe atomique, son fonctionnement, ses effets et le reste. Si ce musée sert à une chose, c’est bien à cela : à faire comprendre à ses visiteurs la réalité de la chose, au-delà des fantasmes, fictions et autres propagandes des pays possédant la bombe. J’avoue, avant, j’avais une position assez ambivalente sur les armes nucléaires : pas spécialement en faveur de celles-ci, mais comprenant leur nécessité dans une certaine mesure (de dissuasion par exemple). Maintenant, je comprends qu’il s’agit là de la pire arme jamais inventée, que j’espère que plus jamais il n’en sera fait usage.

 

Une dernière chose.

 

Ces Kanji sur un mur, non loin du Dôme, n’ont a priori rien de spécial : il est question d’une petite clinique privée située à cet endroit-là. Mais c’est bien plus que cela, puisque cet endroit précis est l’hypocentre de la bombe. Pourquoi n’y a-t-il aucun monument ni rien d’autre à cet endroit-là, si ce n’est une petite indication en-dessous de ces Kanji ? Au point que la plupart des gens pensent que c’est le Dôme qui est situé à l’hypocentre ? Parce que l’histoire de ce lieu est à mon avis un symbole fort pour cette ville et ce peuple qui, bien que traumatisés par le bombardement, ont compris que savoir regarder vers l’avenir, vers la vie et vers l’espoir n’était pas équivalent d’oublier le drame qui les a frappés ; que l’on pouvait honorer les victimes sans se retourner en permanence vers l’événement au point de ne plus pouvoir se définir soi-même sans y faire constamment référence et d’en devenir finalement prisonnier.

L’histoire de ce lieu, la voici :

Avant le 6 août 1945, c’est une petite clinique privée qui se trouvait là. Or, en ce matin du 6 août, le directeur de la clinique était en voyage hors de la ville, il fut donc le seul membre du lieu à survivre à la Bombe. De retour en ville, quelques jours plus tard, il aida de son mieux à l’aide des survivants, puis quand le temps de reconstruire la ville fut venu, il fit reconstruire sa clinique au même emplacement que l’originale, la question de l’hypocentre n’étant à l’esprit de personne à cette époque-là.

Quand le Parc de la Paix et les différents Mémoriaux furent conçus, personne n’eut à l’esprit (à ma connaissance) de faire détruire la clinique pour la remplacer par un monument. Et c’est ainsi que ce lieu hautement historique ne restera pas dans l’histoire (le Dôme ayant pris sa place) et c’est à mes yeux pour le mieux, cette clinique symbolisant la ville renaissant de ses cendres et reprenant un cours normal, de ville normale.

Je terminerai en disant que si jamais vous vous rendez dans l’Ouest du Japon (voire tout simplement « au Japon ») il est impératif que vous visitiez Hiroshima, c’est presque un devoir de citoyen du monde.

 

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View 1er juin 2010 – Hiroshima et Miyajima in a larger map

 

 

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