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La Citrouille Rouge

 

Il y a quelques jours je vous ai laissé entrevoir Yellow Pumpkin de Yayoi Kusama. Vous la connaissez peut-être déjà, après tout c’est l’œuvre la plus célèbre de Naoshima et j’ai presque envie de dire que c’est l’une des œuvres d’art contemporain les plus célèbres du Japon (mais on me reprocherait de ne pas être totalement objectif sur ce coup-là).

Et bien entendu, j’ai prévu de vous en parler plus en détails (ou du moins de vous la montrer plus en détails) plus tard.

Mais aujourd’hui, nous allons parler de sa « petite » (?) sœur, moins connue, et pourtant c’est la première chose que voient presque tous les gens se rendant à Naoshima pour la première fois, celle-ci étant située dans le port de Miyanoura, à deux pas de là où accostent les ferries.

Je veux parler – comme vous l’aurez déjà compris de par le titre – de :

Red Pumpkin

 

 

Je n’en ai pas énormément de choses à en dire, sinon qu’elle fut inaugurée le 7 octobre 2006, qu’elle fait quatre mètres de haut, et que comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, on peut entrer dedans ; ce qui est, d’après le site officiel de Yayoi Kusama, une première concernant ses œuvres en extérieur.

 

Red Pumpkin - Naoshima - Yayoi Kusama

 

Cette citrouille bien sympathique est une très bonne entrée en matière quand on arrive sur Naoshima. Si on avait le moindre doute sur ce qui nous attend sur cette île, tous les doutes s’effacent assez rapidement à sa vue.

 

Red Pumpkin - Naoshima - Yayoi Kusama

 

Je terminerai – mais vous le savez certainement déjà – en disant que j’aime beaucoup ce genre d’œuvre n’ayant pas forcément de sens (ah, moi, et ma quête du sens !) mais qui sont extrêmement plaisantes car elles font entrer une certaine fantaisie dans le monde réel. L’imaginaire d’une personne s’est concrétisé, là, dans ce port, où désormais les lignes entre la réalité et l’irréel sont devenues un peu plus floues. Et c’est aussi pour cela que j’aime l’art quand il sort du confinement des musées et des galeries.

 

Red Pumpkin - Naoshima - Yayoi Kusama

(notez Ōzuchishima à l’arrière-plan)

 

 

8 commentaires sur “La Citrouille Rouge”

  1. Excuse-moi de ne pas y voir d’aspect artistique. Moi j’y vois une structure de jardin d’enfants. Mais là ou tu as raison c’est que cela amène un peu de poésie dans un monde de brute!

    1. Tu te contredis. Tu n’y vois pas d’aspect artistique, mais cela amène de la poésie.
      Il est là, l’aspect artistique. 🙂

      Mais effectivement ton commentaire renvoie à la question éternelle (oui, bon, je dirais plutôt 150 ans environ) : « qu’est-ce que l’art ? »

      Il n’y a pas vraiment de réponse à la question, où plutôt chacun a une réponse qui lui est propre.
      Il y a aussi des différences culturelles. Je t’avouerai qu’avant d’atterrir dans la région, j’avais une image de l’art contemporain très différente (et issue de là où je l’avais fréquenté précédemment, c’est-à-dire Paris), en gros de la masturbation intellectuelle au mieux, du foutage de gueule au pire (la pire chose qui est arrivée à l’art en France c’est que Marcel Duchamp fut pris au sérieux).

      Au Japon, le rapport à l’art est très différent, comme tu as peut-être déjà pu le voir. Il est plus proche du spectateur, ce n’est pas – comme en France – quelque chose d’inatteignable que l’on observe avec révérence et distance, parce que l’artiste est cette espèce de demiurge bien au dessus de la plèbe et son œuvre une chose sacrée, pouvoir l’admirer de loin étant un privilège rare qui nous est offert (j’exagère, mais à peine).
      Ici, l’art est interactif, ludique, proche des gens et/ou de la réalité quotidienne, et surtout, il apporte de la poésie à la réalité.
      Quand on visite les œuvres d’Art Setouchi (surtout pendant la Triennale parce qu’il y en a plus), le contraste est souvent frappant, et en général, les œuvres les moins intéressantes et les plus prétentieuses – à mes yeux – sont celles des Européens.

  2. Hé, hé! Tu vas arriver à me réconcilier avec l’art moderne! Au moins avec l’art moderne japonais.
    Je ne suis pas un spécialiste, ni même un amateur, mais à chaque fois que j’ai croisé de l’art contemporain en France j’ai toujours eu l’impression que l’on se foutait de ma gueule!
    Hors ce que tu nous présentes est quand même beaucoup plus sympa. Mais pas toujours plus compréhensible…

    1. 🙂
      Tout d’abord, attention aux appellations : « art moderne » et « art contemporain » ne sont pas synonymes.
      L’art moderne c’est l’art qui se détache de la quête de « réalisme » à partir de la popularisation de la photographie. Il début aux alentours de 1870 (avec les Impressionnistes) et s’achève dans les années 1950 pour laisser la place à l’art contemporain.

      Maintenant, effectivement, comme je disais plus haut, avant de découvrir le Festival de Setouchi, j’avais aussi une impression assez négative de l’art contemporain (européen).
      Et justement, si j’insiste lourdement sur l’art présent dans la région de Setouchi, c’est pour montrer que l’art contemporain n’est pas obligatoirement une fumisterie.

      Pour terminer sur le « compréhensible » de la chose, c’est faire fausse route que de chercher un sens à une œuvre d’art. C’est une vieille habitude issue de plein de choses, mais elle n’a plus lieu d’être de nos jours.
      Beaucoup de gens croient qu’apprécier une œuvre signifie en gros arriver à percer son secret, à savoir les intentions de l’artiste. Le truc, c’est que les intentions de l’artiste, personne ne peut les connaître. Même s’il s’exprime sur le sujet, qui nous dit qu’il dit la vérité ? J’irai même plus loin : connaît-il lui-même vraiment ses intentions quand il fait son œuvre ? Quel est la part d’inconscient dans le processus de création ? Non, les intentions de l’artiste n’ont aucune importance, et il n’y a rien à comprendre dans une œuvre d’art.
      La seule chose importante dans l’art, c’est ce que l’œuvre provoque chez le spectateur. Qu’est-ce qu’il ressent face à celle-ci ? Quelles pensées est-ce qu’elle provoque en lui ? Comment celle-ci l’affecte-t-il ?
      C’est tout (et c’est déjà beaucoup).

  3. Rassure toi je n’ai pas les bases pour essayer de comprendre une oeuvre. Je reste bien évidemment du coté de la perception. Est-ce que je la trouve belle ? Evoque t-elle quelque chose en moi ? Ce genre de question.
    Et comme je suis plutôt primaire!

    1. Le truc c’est que quand tu es face à de l’art tu n’as pas besoin d’avoir les bases, parce que tu n’as pas besoin de comprendre. Faire l’expérience de l’art, c’est se placer du côté de la perception. 🙂

  4. comme tu m’y as invité j’ai cherché l’article (les articles) sur la citrouille rouge; je viens de lire les commentaires très intéressants; outre les questions que je me pose de la même façon, j’ai appris la différence entre art moderne et art contemporain.

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