Narcisses d’Ogijima

 

La première fois que je me suis rendu sur Ogijima, une chose qui m’avait laissé pas mal dubitatif était le fait que l’une des seules promotions de l’île à l’époque (c’était avant le Festival d’Art de Setouchi) était son champ de narcisses fleurissant à la fin de l’hiver.

Il est clair que pour tout Occidental (voire tout non-Japonais) qui se respecte, c’est pas exactement l’argument qui vous fera vouloir aller sur l’île. Mais voila, cette promotion ne s’adressait pas aux étrangers, mais bien aux Japonais.

Donc si vous voulez connaître à la question : « Mais qui peut bien vouloir avoir envie d’aller sur une île juste pour y voir des narcisses ? » la réponse est : « des Japonais. »

Et donc, comme il s’agit de Japonais, n’allez pas imaginer que vers la fin de l’hiver les résidents de Takamatsu se rendent sur Ogijima en famille ou en couple ou encore entre potes pour y admirer les narcisses. Certes, certains le font, mais c’est surtout lors d’un week-end bien précis qu’un véritable pèlerinage est organisé. L’on s’y inscrit et l’on y va tous ensemble au matin pour y voir ces champs, puis l’on visite l’île et l’on y mange avant de repartir pendant l’après-midi.

Et quand je dis « on » j’entends un groupe d’environ 300-400 personnes ! (pour mémoire l’île possède actuellement moins de 200 résidents)

Ce week-end en question était celui qui vient de s’achever (peut-être y en a-t-il plusieurs, je ne sais pas).

Nous nous sommes donc dit que ce serait une bonne idée de faire un tour sur Ogijima ce dimanche.

 

Et ce coup-ci, on y va avec Meon 2.

 

Mais point de malentendu entre nous. Hors de question de joindre et suivre la foule et de visiter Ogijima de la pire des façons possibles à mes yeux. On s’est juste dit que ce serait intéressant de croiser un peu plus de monde que d’habitude dans les rues de l’île. Nous avons donc pris le ferry de 13 heures qui était quand même ma foi bien plein (je ne l’avais jamais vu aussi plein, hors Festival) pour une arrivée sur Ogijima vers 13h40. En route, nous avons d’ailleurs croisé Meon qui ramenait à Takamatsu le gros des visiteurs du matin et le ferry était presque plein à craquer.

 

Mais il en restait encore quelques uns à finir leur déjeuner au port.

 

Une des raisons pour lesquelles j’aime tant Ogijima c’est que le nombre de trucs improbables que l’on y croise y est extrêmement élevé, surtout pour une si petite île.

 

Quand je vous disais que cette histoire de narcisses c’est pas juste anecdotique. Il y a même des drapeaux spéciaux pour l’occasion :

 

Ça dit « Bienvenue sur Ogijima. »

 

Sur la route du phare nous avons eu une drôle de surprise (qui n’en était pas vraiment une). À la fin de l’été dernier, un glissement de terrain avait sacrément mis à mal (comprendre salement endommagé) la route du phare. La surprise, c’est qu’elle n’a pas encore pu être réparée :

 

 

En fait, je me demande même comment on va pouvoir la réparer (et comment elle a été construite aussi en fait) elle est si étroite par endroits qu’il est hors de question d’y faire passer un camion ou un quelconque engin de chantier pour accéder au lieu endommagé. Et comment se rend-on au phare vous demandez-vous ? Un chemin de terre a été fait sur quelques dizaines de mètres dans le champ abandonné d’à côté.

 

Arrivés au phare nous avons eu une autre surprise. Une bonne cette fois-ci :

 

 

Le phare était ouvert au public et on pouvait y monter. Cela n’était pas arrivé depuis six ans nous a-t-on dit et ça n’arrivera à nouveau pas avant un moment.

 

 

Et comme ce n’est pas un grand phare, on y est plus qu’à l’étroit dedans. Vous avez peut-être remarqué la corde qui pendait dans l’escalier dans la photo de celui-ci. Elle sert de rampe en quelque sorte : l’escalier et ses marches sont si étroits qu’il est difficile de rester stable quand on le monte ou on le descend. Sur la photo ci-dessus, comme vous le devinez certainement, c’est la lampe du phare et la seule façon de la prendre en photo, c’est de le faire depuis la trappe d’accès, une fois que l’on est à ses côtés, on peut à peine se tourner. Pour pouvoir accéder au sommet, j’ai dû laisser mon sac à mi-chemin et j’aurais fait 10 kgs ou 10 cm de plus, l’accès aurait été tout simplement impossible.

 

 

Et comme vous le voyez ma tentative de prendre une vue de la Mer de Seto depuis le sommet du phare est moins que concluante. Le truc sombre sur la gauche est certainement mon doigt passant malencontreusement devant l’objectif au mauvais moment, mais c’était ça où je perdais l’équilibre ou m’assommait ou laissait tomber mon appareil. Claustrophobes s’abstenir.

Aux abords du phare nous avons aussi retrouvé M. Tanigawa qui se souvenait de nous et avec qui nous avons discuté un peu.

 

 

Le chemin qui permet d’accéder au centre de l’île. En fait, nous ne nous y sommes pas rendus (ce chemin c’est plus de la grande randonnée que de la simple balade en campagne), pas vraiment conseillé pour une femme enceinte (et puis il faut bien l’avouer cette histoire de narcisses c’était surtout une excuse pour aller faire un tour sur Ogijima)

 

 

Des enfants jouant sur la plage. Quoi de plus banal, n’est-ce-pas ? Pas sur Ogijima. Il reste moins de 10 enfants sur l’île et l’école a fermé l’an dernier quand les trois derniers enfants qui y étaient scolarisés sont partis au collège à Takamatsu. D’ailleurs, si je ne m’abuse, celui au manteau rouge est l’un d’entre eux. Je ne sais pas si les trois autres sont aussi des enfants de l’île ou des amis de passage.

 

 

Ce bateau est l’un des plus gros qu’il m’ait été donné de voir !

 

 

Vu que la photo d’avant n’était pas trop parlante par manque d’échelle, sachez que le bateau de gauche c’est le genre de gros cargo habituel que l’on voit croiser en Mer de Seto.

 

Une vue inhabituelle d’Ōshima, depuis le début du « chemin est » d’Ogijima (le chemin de terre qui complète le tour de l’île depuis le phare jusqu’au sanctuaire de Toyotama-hime et qu’il faudra que je prenne un jour)

 

 

Un arbre « étrange » à l’entrée du village de retour du phare. La moins mauvaise façon dont je peux le décrire c’est que les fruits ressemblent à des espèces de pamplemousses, mais pas vraiment quand même.

 

 

Lors de ma première visite de l’île j’avais pris une photo du même endroit. Depuis, je ne sais pas trop pourquoi, je reprends une photo de cet endroit quand j’y repasse (vous les retrouverez certainement dans ce blog en cherchant bien). En fait, il est assez intéressant de voir le même lieu à différents moments de l’année.

À ce propos, je vous disais récemment comment il y a quelques décennies, Ogijima était recouverte de champs, mais que depuis, le dépeuplement de l’île aidant, la nature a rapidement repris ses droits. En fait, en hiver, l’absence de feuilles sur la plupart des arbres rend vaguement visible de nouveau ces morceaux de terres qui étaient autrefois des champs. On devine des terrassements et des chemins entre les broussailles qui sont invisibles le reste de l’année.

 

 

C’est pas parce que Sea Vine est fermée jusquà fin mars que je ne vous en fait pas profiter un tout petit peu (en fait, c’est la première fois que je remarque que l’on peut l’entrevoir depuis l’extérieur).

 

Cette maison est en train de devenir ma maison abandonnée préférée de l’île. Par contre, elle est dans un tel état que la rénover semble impossible, la seule solution semble être de la raser et la reconstruire.

 

 

Bye bye Ogijima, à très bientôt (oui, la pluie s’était invitée en fin de journée)

 

 

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