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Élever un enfant bilingue

 

Six mois après la création de cette nouvelle rubrique sur le blog, voici enfin le deuxième article (cette rubrique s’inscrit sur le long terme, 20 ans environ).

Aujourd’hui je voudrais partager avec vous quelques impressions et réflexions sur le bilinguisme chez les enfants biculturels, en particulier de mon expérience balbutiante de la chose.

Quand on est marié avec un(e) étranger(e) et que l’on a des enfants avec cette personne, on se dit que chouette, les enfants vont être automatiquement bilingues. Sauf qu’en fait, non, ce n’est pas si simple.
Si vous avez-vous-même des enfants biculturels vous le savez peut-être déjà, sinon je vous l’annonce : tout un tas de facteurs entre en jeu pour déterminer dans quelle(s) langue(s) vos charmants rejetons s’exprimeront.

Je crois bien que les tout premiers enfants bilingues (de naissance) que j’ai rencontrés étaient ceux d’une famille franco-américaine dont j’avais fait la connaissance lors de mon tout premier séjour aux États-Unis, il y a quinze ans. Avant eux, j’avais bien une amie franco-britannique, mais je ne m’étais jamais trop posé la question de l’aspect linguistique de son enfance. Je savais qu’elle avait vécu et en Angleterre et en France dans son enfance et qu’elle était bilingue sans plus de détails (Anne-Sophie, si tu lis ça et que tu veux nous donner les détails en question, n’hésite pas dans les commentaires).
Revenons donc à nos petits Franco-Américains car c’est mon expérience avec eux qui a forgé ma vision de l’éducation linguistique que l’on peut donner à un enfant bilingue.
Il s’agissait donc de trois enfants avec un père américain et une mère française. Les enfants avaient vécu toute leur vie aux États-Unis mais étaient parfaitement bilingues (avec toutefois un accent américain). Leur « secret » était que le français était la seule langue autorisée pour communiquer à la maison. Le fait que les deux parents étaient professeurs de français à l’université aidait aussi.
Après les quelques discussions que j’ai eues avec les parents, la clé était donc bel et bien de rendre obligatoire à la maison la langue qui n’est pas parlée dans la société dans laquelle grandissent les enfants. Ils auraient grandi en France, l’anglais aurait été la langue parlée à la maison.
Ça me semblait d’une logique simple et à toute épreuve.
Les années ont passé sans que je repense trop au sujet. J’ai bien croisé d’autres enfants bilingues entre temps, mais je ne m’étais que peu intéressé à leur éducation, après tout, je détenais la solution pour mes futurs enfants si eux aussi s’avéraient avoir une mère non-francophone de naissance.
Puis, je me suis effectivement marié avec une étrangère, puis je suis parti vivre dans son pays à elle, puis j’ai eu une fille.

Il était donc enfin temps de mettre en application mes belles théories.

 

Bilinguisme chez l’enfant: travaux pratiques

Eh bien, vous vous en doutez, ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air.
康代 et moi parlons français ensemble depuis que nous nous connaissons : contrairement à ce que beaucoup de gens croient, elle ne parle pas anglais et mon japonais reste balbutiant (pour tout un tas de raisons). Mais même si j’étais bilingue, nous communiquerions quand même en français, essentiellement pour Hana, mais pas que (je ne sais pas vous, mais moi, quand je commence à m’habituer à parler avec quelqu’un dans une langue donnée, j’ai le plus grand mal à communiquer avec elle dans une autre langue). Bien évidemment, nous parlons aussi français à Hana. Tout le temps dans mon cas, et dans la plupart des cas pour 康代 : elle lui parle français à la maison, même quand elles ne sont que toutes les deux, mais en public ou en présence d’autres Japonais, elle s’exprime en Japonais.

Depuis quelques semaines, Hana commence à parler… Enfin, non, parler elle le fait depuis un moment, mais jusqu’à présent c’était un langage qu’elle seule comprenait… Donc, depuis quelques semaines, elle commence à prononcer des mots intelligibles, et ils sont de plus en plus nombreux…
Et… en grandement majorité ce sont de mots japonais ! Les mots en français sont extrêmement rares pour l’instant.

Je pense que les raisons sont que, même si elle entend plus de français que de japonais (et effectivement, elle comprend mieux le français que le japonais), elle n’a finalement que deux sources lui inculquant du français quotidiennement, alors que celles faisant la même chose en japonais sont bien plus nombreuses : ses grands-parents japonais, les amies de sa mère, les gens que l’on croise partout, et la télé qui joue un grand facteur aussi.

Janvier 2014

Votre mission – et vous allez l’accepter – est de faire de cette enfant une créature bilingue.

D’ailleurs, ses grands-parents japonais jouent un rôle très important dans l’histoire. Surtout son grand-père. Il faut savoir qu’elle l’idolâtre et le voit assez régulièrement (pas quotidiennement, mais presque). Je pense qu’il est pour l’instant son principal « professeur » de japonais. Cette déduction provient des mots qu’elle sait dire pour l’instant, des choses qui s’inscrivent bien dans le contexte de ses visites et des promenades avec lui. Par exemple, kutsu – chaussures – en ce moment, elle fait bien plus de promenades avec lui qu’avec moi et il est tout naturel que le terme japonais soit plus souvent entendu que son équivalent français. Parfois je me dis que le boulot m’empêche de voir grandir ma fille comme je le devrais, mais c’est une autre histoire.

L’autre facteur, même s’il ne joue pas encore un grand rôle, c’est que les enfants biculturels ont tendance à inconsciemment choisir la solution de facilité. Pas de la fainéantise, c’est juste comme cela que les langues fonctionnent (je ne vais pas vous faire la démonstration maintenant, croyez-moi sur parole). Ce que je veux dire par là, c’est qu’ils auront toujours inconsciemment tendance à préférer la langue comprise par le plus de grand nombre dans leur entourage direct. Et pour l’instant dans l’esprit de Hana, c’est le japonais. Même si je ne le parle pas, pour l’instant elle pense que je le fais, et jusqu’à présent je comprends effectivement les mots qu’elle dit ; sauf l’autre jour, elle fut sans le savoir ma prof de japonais pour la première fois – et probablement pas la dernière – de sa vie, elle utilisa un mot que je ne connaissais pas : ochita (c’est tombé).

D’ailleurs, dans les familles où c’est la langue principale, locale (le japonais au Japon, le français en France, etc) qui est parlée le plus à la maison, les enfants, même s’ils comprennent les deux langues, ne s’exprimeront que peu ou pas dans la langue « étrangère ». On en revient à la méthode utilisée par la famille franco-américaine du début de cet article.

Bref, pour l’instant, surtout qu’elle ne fait pas encore la distinction entre les deux langues (du moins pas consciemment), elle s’exprime naturellement dans celle qu’elle entend le plus autour d’elle, sinon en quantité, au moins en variété de sources.

Nous sommes donc, je pense, entrés dans un moment crucial de son éducation linguistique. Il faut qu’elle commence à faire la distinction entre les deux langues pour ensuite comprendre qu’il faut utiliser le français à la maison. À cette fin, je commence de plus en plus à faire semblant de ne pas comprendre quand elle me dit des mots en japonais, ou alors je la corrige : je lui dis le mot équivalent en français. Pas pour ralentir son apprentissage du japonais (chose qui serait idiote et qui est de toute façon impossible), mais pour qu’elle distingue les deux langues le plus rapidement possible.

Pourquoi un moment crucial ?
Parce que j’ai peur que si elle ne prend pas l’habitude très tôt (c’est-à-dire dans les mois qui arrivent) à s’exprimer dans les deux langues, cela lui sera plus difficile plus tard. J’entends par là que je pense qu’il est très important que le français soit sa langue tout autant que le japonais, et pas juste la langue de Papa.

La prochaine étape, qui va s’avérer difficile, c’est d’arriver à multiplier les sources de français à la maison. J’ai peur que cela ne doive passer par des DVDs, mais lors de mon récent séjour en France, on a rien trouvé de bien intéressant pour les enfants de son âge (aucun équivalent français d’Anpanman ou de Wan-Wan de nos jours ?). Sans parler de l’aspect bêtement pratique de la chose : pour voir des DVDs français sur une télé japonaise, il faut passer par l’ordinateur (que l’on branchera sur la télé), quant aux Blu-Rays il faut qu’ils soient non zonés, ce qui n’est pas le cas de tous.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, je reviendrai bien entendu sur le sujet du bilinguisme dans quelques mois pour vous tenir au courant de l’évolution des choses.
En entendant, n’hésitez surtout à partager vos propres expériences dans les commentaires.

 

20 janvier 2014

Puisque la mode est aux selfies de nos jours…

 

 

26 commentaires sur “Élever un enfant bilingue”

  1. Je crois, sans avoir regardé, que la série Minuscule dont est tiré le film qui sort en France est pas mal pour les petits.
    Ensuite, est ce que tu peux trouver des vieux dessins animés sur YouTube ? Enfin, il y a une chaîne de la TNT pour bébé (je n’ai pas le nom là), idem tu peux peut être trouver des trucs sur YouTube

    1. Le truc avec les insectes ? En fait, ça passe au Japon, mais c’est sans dialogues non ?
      Le problème de Youtube, c’est que c’est sur le PC… Laisser Hana s’approcher trop près du PC serait suicidaire (on a fait l’erreur une fois de lui montrer Anpanman sur Youtube, la seule façon dont on s’en est sortis, c’est de graver des DVDs pour la « rediriger » vers la télé).

      Quand on était en France, j’ai cherché des émissions pour tout petit, mais sans trop de succès. Les deux ou trois qui passaient n’intéressaient absolument pas Hana.
      Toi tu montres quoi à Gabriel?

  2. Témoignage extrêmement intéressant (non, je ne suis pas encore grand-père d’un enfant franco-japonais :-).

    Les DVD visionables en France sont zone 2… comme au Japon. Je suis donc étonné que tu doives passer par un ordi. Mes compétences ne sont que théoriques en ce domaine. Peux-tu m’en dire plus ?

    1. Pour les DVDs, oui, ça a été une mauvaise surprise aussi en arrivant ici.
      En fait, c’est pas qu’une histoire de zone (effectivement DVD français et japonais sont tous deux Zone 2 – par contre les Blu-Rays sont zone A au Japon, mais bon, au moins ça veut dire que je peux acheter des BD américains), mais aussi une histoire de norme audiovisuelle.
      L’Europe utilise la norme PAL, alors que le Japon utilise la norme NTSC.
      Et si les lecteurs européens peuvent de nos jours lire les deux normes la plupart du temps (car de marques asiatiques pour presque tous ?) les lecteurs non-européens ne lisent que peu ou pas la norme PAL…
      Voila la raison.

  3. This is a topic that is near and dear to my heart, especially because it makes up so much of my own past and will make up so much of my very close future 🙂

    In my family, my sister and brother and I cover most of the spectrum, from being completely bilingual (although I certainly feel more comfortable using one language over the other in specific contexts… and sometimes I feel like I am losing BOTH languages and will eventually turn into someone who cannot speak..haha), to being semi bilingual (my sister, who speaks and understands both english and spanish but certainly prefers and uses english over spanish and sometimes stumbles in her spanish), and finally something after that…. (my brother, who can understand most spanish but never speaks it). Even though we are all really close in age and more or less lived « similar » upbringings, there were obviously several factors that determined this outcome…. probable the most important ones were emotional and social factors (divorces, friends (even growing up in the same city, we had very different circles of friends who valued very different markers of identity.. this made a big difference in the language(s) we actively looked to use/not use/consider special/etc. in our teenage years), who spoke which language to who and when, etc.). Unfortunately, some of these factors are hard for parents to control for… other than placing children in language-specific schools, which can be expensive.
    But one thing that is easy to control and that made a huge impact on me when I was growing up was reading books in spanish. My extended family always had books for me in spanish, and they often made it into something special….
    The other thing that made a huge difference was that my parents would send us to our grandparents house in Venezuela every single summer for three entire months, many times without them. That meant that we only spoke spanish for three months every year, until I was at least 10 years old.
    Even so, though, I think that the most critical time period of my language development came when I was an adolescent… by that point, all my siblings had already acquired the ability to understand and pronounce words in both spanish and english as native speakers, but it was during my adolescence that we had to actively choose to continue to use it in age-appropriate and context-appropriate ways (beyond the home and beyond juvenile grammar and vocabulary).

    I think about this a lot as we embark on our own adventures in raising a bilingual baby, because like you, Javier and speak to each other in spanish, so speaking in spanish to the baby will be normal and will work great while we are still in the U.S., during the next 3-4 years. But what will we do when we move back to South America? I don’t want to have to be the parent that speaks to her kids in english because spanish has always been our intimate home language… so it will be strange….

    I look forward to reading more about how it goes for you!

    1. Hey Nicolle,
      Glad you dropped by here.
      I didn’t contact you because I’m going to write the same post in English in a matter of days and meant to do it then.
      Thanks for your input (I didn’t know your siblings didn’t really speak Spanish that much).

      Yes, as soon as Hana goes to school, I’ll try to give her French classes that are as close as possible to the curriculum that French kids follow at school in France… And regularly reading French books will be compulsory (for me too, but that’s another story 🙂 ).

      If you return to South America, it indeed may be difficult to have your kid be bilingual in English, unless you start speaking to him/her in English as soon as he/she is born, but that’d be odd if you speak Spanish with Javier. Some of my French friends here speak French to their kids and Japanese with their wives, and while the kids understand French pretty well, they don’t speak it.

      If you don’t mind, I’ll republish your comment on my English blog, once I published my post there too.

  4. Moi je suis trilingue mais en réalité j’ai inconsciemment mis de côté ma langue maternelle (français) et paternelle (espagnol). Je me suis plus focaliser sur la langue qui se parlait à l’école (anglais). A la maison, je discutais avec ma grande-mère qu’en anglais puisqu’elle ne comprenait pas les 2 autres langues (français et espagnol). Quand j’étais petit je ne m’exprimais qu’en français mais j’inventais des mots qui jumelée le français et l’Anglais mais aussi l’espagnol (^_^) mais en grandissant je ne parlais que le français et l’anglais mais je comprenais l’espagnol, sans le parlais sauf en cas de nécessité. Mais à ce jour je préféré parler en anglais et à la maison en Français.

    1. Tu sembles avoir un background linguistique intéressant. En particulier le fait que tes parents soient francophone et hispanophone, mais ta grand-mère anglophone. Est-il possible que tu nous donnes plus de détails sur ton background (nationalités de ta famille, pays de vie, etc) ?

  5. C’est une grand-mère qui vient vous donner son avis:les histoires du Père Castor (plusieurs DVD ) ont le mérite d’être courtes, avec des grands classiques qui plaisent malgré leur ancienneté aux jeunes enfants de maternelle.Boucle d’Or,Roule Galette, Trois petits cochons,Poule Rousse et autres histoires ont bercées mon enfance,celles de mes enfants avec les albums et maintenant je les regarde avec mon petit-fils qui me les réclame.Elles sont très bien au niveau du langageJ’ai calculé que votre fille avait 20 mois environ et elle pourra d’ici peu les regarder avec plaisir.Avant,il y a les DVD de Petit Ours Brun pour les plus jeunes:histoires très courtes sur la vie de tous les jours.Il existe aussi des DVD de Gaspard et Lisa :personnages bien connus au Japon et en albums aussi en France…Petit Ours Brun existe aussi en petits livres (2 euros en Supermarché) .

  6. Blog et témoignages intéressants. Merci pour votre travail.
    (Par hasard, j’étais a Shōdoshima avant-hier)

    À moins de vouloir quitter la Mer Intérieure ou le Japon, la maîtrise du français me semble relativement secondaire. À votre place je serais plutôt rassuré de voir que malgré la prédominance du français dans le foyer, elle développe de bonnes capacités en japonais.

    Pour ce qui est du français, avec le temps, elle finira bien par se débrouiller. Dans ce sens, on pourras sans doute dire d’elle qu’elle est une “enfant bilingue”. Toutefois, il me semble que beaucoup de gens sous-estiment la différence entre le bilinguisme chez le jeune enfant et le bilinguisme chez l’adulte. Le second, s’il est votre ambition, demande de suivre une “double” scolarité, car comme vous le savez, c’est une chose de parler les mots de la vie de tous les jours, c’en est une autre de maitriser la langue écrite ou d’être capable d’effectuer des raisonnements poussés dans une langue donnée.

    Je pense bien comprendre votre souhait que votre enfant soit bilingue (j’entends ici en tant qu’enfant), ne serait-ce que pour assurer une bonne communication entre vous, peut-être aussi vis-a-vis de la famille en France ?

    Sans une scolarité totalement ou en partie en français, il est quasiment impossible a mon avis d’envisager du bilinguisme réel au stade de l’age adulte (ou même de l’adolescence). Par conséquent, a plus long terme, si son niveau devait demeurer au stade de la communication intra-familiale, l’avantage par exemple sur le plan professionnel serait très limite, d’autant que l’on peut supposer que l’importance de l’anglais aura encore augmente d’ici-la.

    En conclusion, et je vous prie d’excuser cette intervention longue, je vous souhaite bon courage pour continuer a l’habituer au français. Par contre je me permettrais d’émettre une réserve sur le fait de vouloir trop imposer a l’enfant. Il est peut-être préférable de viser un bon niveau de japonais (et dans ce domaine il y a suffisamment de disparités au sein des japonais sans racines étrangères pour ne pas sous-estimer l’ampleur du travail a accomplir). La véritable maîtrise d’une langue offre la personne des capacités pour apprendre plus tard les langues étrangères. Ma vision (et je dévoile quand même que je suis dans une situation similaire à la vôtre, quoi que j’ai une connaissance assez approfondie du japonais) est d’abord de transmettre le goût d’apprendre et du travail de qualité, plutôt de fixer des objectifs vis-a-vis de la langue française qui est une langue étrangère à partir du moment où l’on vit au Japon.

    1. Merci pour ce long et riche commentaire, Chiyoda.
      Comme ma réponse à celui-ci était encore plus longue, elle va se transformer en post à part entière dans les jours à venir. 🙂

    2. Cet article m’interpelle parce que je suis dans la même situation. Peut être en un peu plus compliqué. Depuis quelques temps je vis au Bénin et je vais très souvent au Ghana pour mes activités. Mon mari lui est d’Afrique centrale, il travaille au bénin et ne parle pas bien l’anglais. Quand je pars au Ghana, j’emmène ma petite fille d’un an avec moi. Quand nous sommes à accra je lui parle en anglais; à la maison je lui parle toujours anglais et son papa lui parle le français; les compatriotes de mon mari lui parlent en français et beaucoup en sango (le dialecte de la Centrafrique); nos amis béninois lui parlent en français et en fon (un des dialectes du Bénin). Pour le moment elle ne parle pas encore très bien. elle babille tout plein de choses mais les mots ne sont pas très clairs. Mais depuis quelques temps je me pose des questions: quand elle commencera à parler vraiment, quelle langue va t-elle parler? Quelle langue devrai-je imposer à la maison (si j’impose l’anglais, mon mari aura des difficultés)? Dois je interdire à nos amis de lui parler autant de langue afin de ne pas la perturber? je réfléchis encore à la bonne solution à adopter parce que je tiens à ce que ma fille parle correctement le français et l’anglais et mon mari tient beaucoup à ce que sa fille puisse parler le dialecte de chez lui.

      1. Je ne sais pas si je peux répondre à toutes vos questions, mais je peux m’y essayer 🙂

        En fait, il me manque quelques informations dans ce que vous m’expliquez : quelle est votre langue natale (je crois deviner que c’est l’anglais) et en quelle(s) langue(s) communiquez-vous avec votre mari ? Grandira-t-elle au Bénin ? Au Ghana ? Ailleurs ?

        Ensuite faut-il « imposer » une langue à la maison ? Vaste débat. Certes dans ma maison le français est « imposé » mais c’est un bien grand mot. On peut y entendre autant de japonais que de français, et si nous vivions en France, nous parlerions français aussi, tout simplement parce que c’est la langue de communication entre ma femme et moi quel que soit l’endroit où nous nous trouvons.

        Une chose dont vous n’avez pas à vous préoccuper par contre c’est la/les langue(s) que vos amis utilisent en présence de votre fille. Un enfant n’est jamais « perturbé » par les langues étrangères, au contraire, bien au contraire.

        1. Eh bien nous vivons au Bénin, et c’est un pays francophone. Et je communique avec mon mari en français.
          C’est bizarre, là maintenant en vous écrivant je crois que j’ai trouvé la bonne solution. Ce sera le français donc à la maison. Nous vivons dans un pays francophone, mon mari parle le français et moi aussi je le parle très bien. Si j’impose l’anglais à la maison, mon mari aura du mal et ma petite fille aussi qui sait? Puisque nous vivons dans un pays francophone.
          Pour l’anglais on verra comment s’arranger peut être la mettre dans une école bilingue quand elle sera en âge?
          En tt cas merci de m’avoir répondu. J’ai eu cette conversation plusieurs fois avec mon mari mais parfois il est bien d’avoir un regard neuf pour trouver la meilleure alternative.
          Merci beaucoup David.

      2. Merci pour votre article très intéressant. Mon fils a 2 ans et 2 mois et ma femme est également japonaise. Je retrouve pas mal de similitude avec votre situation et tout particulièrement le langage personnel de mon fils. Nous vivons en revanche en France et parlons soit en Français soit en Japonais mais ne mélangeons pas les langues. Mon fils comprend parfaitement les 2 langues depuis plusieurs mois et est à la transition concernant la parole ; il commence à utiliser des mots même s’ils restent disparates.
        Le fait d’apprendre 2 langues et 2 cultures si différentes se fait à priori naturellement mais les maîtriser l’est beaucoup moins. De plus la façon de penser et d’exprimer un sentiment est si différente que les mélanger est limite dangereux.
        Bref sujet passionnant et d’attention.
        Pour info, a quel age votre fille a commencé à s’exprimer plus naturellement ?

        merci

        1. Gtan, de rien.
          Je suis curieux de connaître votre expérience un peu plus, n’hésitez pas à revenir quand je reparlerai du sujet.
          Par contre, je vous corrige de suite : il n’y a rien de dangereux à mélanger des cultures différentes et des façons de penser et d’exprimer un sentiment, surtout ne pensez pas cela. Le cerveau humain est ainsi fait qu’il peut très bien gérer ce genre de choses et c’est un atout de très grande valeur, jamais un danger.
          Pas sûr de ce que vous appelez « s’exprimer naturellement », mais ma fille a dû dire ses premiers mots il y a un an environ et depuis c’est une lente mais constante progression, comme la majorité des enfants je pense.
          Elle dit des phrases simples depuis deux mois environ, en général en japonais. D’ailleurs, il est intéressant de noter que si la plupart des noms qu’elle utilise sont en français, la plupart des verbes, locutions et autres prépositions sont en japonais. Elle utilise aussi la structure SOV japonaise et pas SVO française quand elle fait des phrases.
          Pour les adjectifs, c’est environ 50/50 avec peut-être un peu plus de français.

      3. Cher David
        Ton article est intéressant. Le bilinguisme de ta fille à l’air d’être quelquchose de très important pour toi mais qui a l’air de te stresser un petit peu.
        « Rest assured » ta fille sera parfaitement bilingue sans Beaucoup d’effort de ta part.
        Il faut que tu saches 3 choses
        1) La langue maternelle prime sur les autres langues. Si t’avais été en France, ta fille parlerait quand même le Japonais d’abord.
        Si tu veux que ta fille parle Français, il est impératif qu tu lui parles en Français, et uniquement en français tout le temps. Elle répond en Japonais? Non, tu ne comprends pas le Japonais! Si l’histoire du soir peut être en Français, ça peut aider aussi
        Je n sais pas quel âge a ta fille, mais les histoires de Tchoupie pourraient lui apprendre beaucoup de vocabulaire. Ne t’inquiète pas du fait qu’elle te voit parler ou comprendre le Japonais avec d’autres personnes. Avec elle, tu ne comprends que le français!
        2) Par expérience, soit patient et n t’acharne pas trop sur le français. Patience. Ça va venir. Mes enfants (trilingues) ne parlaient pas un mot de français jusqu’à l’âge de 2 ans.
        3) il n’y a pas vraiment de règle quant aux langues parlées à la maison. Chez nous par exemple c’est espagnol avec maman (car quand mes enfants me parlent français, je ne comprends pas ;-). Français avec papa ( car de toutes façons ils voient bien que papa est plus à l’aise dans sa langue maternelle) et Anglais entre eux dans leur chambre ( car c’est la langue du pays ou on habite.
        Si on est à table par example, on parlera toujours espagnol et français!
        Ceci dit, chaque famille est différente. Le tout est de comprendre que nos petites éponges d’enfants ont un potentiel énorme et vont tout absorber sans beaucoup d’effort.
        Good luck!

        1. Merci pour ton commentaire, Grace. Très important pour moi, oui (je pense qu’un enfant qui a la chance d’être bilingue et ne le devient pas est un gaspillage énorme), est-ce que ça me stresse. Oui et non. « Stresse » n’est peut-être pas le mot exact, mais disons que je ne veux pas rater la « fenêtre » dans laquelle ce bilinguisme va se déclencher (et c’est cette année en gros).

          Attention « langue maternelle » c’est pas synonyme de « langue de la mère », mais de « langue natale ».
          Sinon normalement, quand l’un des deux parents est natif de la langue locale, c’est cette langue qui est la langue première, qu’elle soit la langue de la mère ou du père. Dans un cas comme le tien, je ne sais pas, mais effectivement la langue de la mère a des chances d’être prépondérante, quoique ça doit dépendre d’une famille à l’autre.

          Ensuite, je ne lui parle bien entendu qu’en français (je n’apprends plus le japonais depuis sa naissance et jusqu’à ce que le français lui soit acquis dans ce but), et c’est la langue de la maison. Sa mère ne lui parle qu’en français à la maison aussi, même en mon absence. Elle ne lui parle en japonais qu’en présence d’autres Japonais en général, et encore ça dépend.

          Toutefois, le problème, c’est que les sources de français sont très limitées, et même si, neuf mois après avoir écrit cet article, les choses ont évolué (elle parle de plus en plus et plus ou moins dans les deux langues), tout cela reste un « combat » de tous les jours. La tentation de ne parler que japonais en est général assez forte, même si on arrive doucement au moment où elle commence à réaliser qu’il y a deux langues différentes qui l’entourent quotidiennement, mais on arrive aussi doucement au moment où elle va être scolarisée, et là le japonais va forcément devenir plus fort. Mais comme je disais, le problème actuel sont les sources trop limitées de français : ses parents, et quelques DVDs et c’est tout. Pas assez. Elle a un paquet de bouquins, mais bien entendu, ne peut encore les lire d’elle-même. Ces dernières semaines, mes parents étaient là, et juste en entendant quotidiennement deux personnes de plus lui parlant en français (et utilisant des tournures et du vocabulaire parfois différents du nôtre) elle a énormément progressé, mais ses progrès vont de nouveau ralentir.

          Quoiqu’il en soit, le bilinguisme n’est jamais acquis d’office, je ne connais que trop de familles qui pensaient que ça se ferait tout seul (ou qui ne se posaient pas la question, ou qui n’ont pas eu l’opportunité de faire grandir leur enfant dans un environnement bilingue) et dont les enfants sont monolingues malgré le fait qu’ils ont des parents de deux langues différentes.

          Tiens, d’ailleurs, il faudrait que je poste une mise à jour d’ici peu (mais vu le peu de temps dont je dispose et le nombre d’articles déjà en « liste d’attente », je sais pas trop quand).

      4. Super intéressant et pas mal détaillé ! J’aimerais bien savoir comment son bilinguisme à évolué depuis 2014 🙂

        1. Oui, il s’en est passé des choses depuis six ans. J’ai malheureusement arrêté cette série de posts à peine démarrée, pour plusieurs raisons, essentiellement, je trouvais que ça faisait hors-sujet dans ce blog, j’avais pensé créer un autre blog rien que pour ça, mais la chose qui m’en a empêché, c’est que ma fille grandissant, elle a commencé à avoir une vie sociale (aller à l’école), et j’ai pensé qu’il était préférable de respecter sa vie privée un minimum.

          Mais en gros, l’entrée à la maternelle a été un peu compliquée linguistiquement parlant, puisque se retrouvant entourée d’amis de son âge parlant uniquement japonais, ce fut une période assez difficile avec le français à la maison. Ce qui a aidé, sont le fait qu’en grandissant, j’ai eu plus de choix de DVDs en français pour elle, et aussi plus de lectures en français.

          Puis est arrivé un petit frère qui a aujourd’hui cinq ans.

          Aujourd’hui, Hana est plus ou moins bilingue. Elle parle bien entendu mieux le japonais que le français, mais elle comprend les deux (il lui manque un peu de vocabulaire en français, elle fait pas mal de fautes, mais c’est inévitable dans le contexte actuel). Le truc qui la freine un peu dans son apprentissage c’est qu’elle manque de sources de français. Uniquement moi et les DVDs (sa mère et son frère aussi, mais c’est pas pareil). Nous avions passé l’été 2017 en France, et elle avait énormément progressé à ce moment-là. Nous devions y passer l’été dernier aussi, mais le Covid en a décidé autrement. Quand voyager sera redevenu faisable nous essaierons de nous rendre en France tous les ans, on verra (surtout que ses grands-parents venaient passer un mois ici tous les ans jusqu’à l’an dernier, mais ils ne sont plus tous jeunes et ces séjours leur sont de plus en plus difficile).

          Donc en gros, elle est bilingue, mais le français reste quand même une langue secondaire. Vu qu’elle n’en a pas énormément besoin, je prends mon temps avec l’apprentissage, tant qu’elle l’utilise de manière naturelle, ça me va. Par exemple, elle traîne à apprendre à le lire et l’écrire. Je n’ai pas trop insisté au début, vu qu’elle n’était pas trop motivée, mais maintenant qu’elle a appris les romaji à l’école, je vais m’y remettre. Elle adore lire en japonais et je pense qu’une fois capable de lire le français, elle progressera beaucoup plus.

          Quant à son petit frère, il a grandi dans un contexte un poil différent (puisque ayant une grande sœur). Là où sa sœur avait d’abord appris à parler français, pour que le japonais arrive ensuite et le dépasse, son frère a commencé à parler assez tard (à trois ans environ), mais il a commencé à parler dans les deux langues directement, et il a fait leur distinction assez rapidement. Aujourd’hui, il a 5 ans, il est aussi assez bilingue, mais son français est quand même un peu « de cuisine », je crois que je suis la seule personne au monde à le comprendre vraiment quand il parle français. Mais là aussi, je ne m’inquiète pas; l’important c’est que parler français soit un acte naturel pour lui, ensuite quelques séjours « linguistiques » et l’apprentissage de la lecture devraient aider.

          En gros. 🙂

          1. Merci de cette réponse fournie 🙂 Je pense que les témoignages sur le bilinguisme Franco-Japonais doivent être très rare donc c’est vraiment intéressant d’en savoir un peu plus sur le sujet 🙂
            Je me disais qu’il était un poil (très petit) plus simple d’apprendre l’anglais que le français pour un japonais à cause de la conjugaison de verbe, les masculins / féminins etc qu’on a en français, donc c’est intéressant de voir si un enfant arrive à peu près à gérer deux langages qui sont assez différents. Comparé au bilinguisme sino-japonais / coréo-japonais aussi qui doit être encore plus abordable par les éthymologies communes / système d’écriture / prononciation. ^^

            1. De rien. Attention, en ce qui concerne les difficultés d’apprentissage des langues. Un enfant n’apprend pas une langue comme un adulte. En fait, il ne l’apprend pas, il l’acquiert. Les procédés cognitifs utilisés pour l’apprentissage (on étudie, on mémorise, etc) et l’acquisition (on grandit entouré de la langue) sont très différents. Un enfant grandissant dans un environnement parfaitement bilingue sera parfaitement bilingue, et ceci totalement indépendamment de la proximité ou de l’éloignement linguistique des deux langues. Chacune des deux langues est la langue natale de l’enfant, il n’en apprend pas une, puis l’autre. La seule hiérarchisation est quantitative. Dans mon cas, le japonais est la langue principale des enfants parce qu’ils vivent au Japon, et qu’ils sont moins exposés au français (les choses s’inverseraient rapidement si nous venions vivre en France), mais chronologiquement, c’est le français leur « première » langue. On peut parler de langue natale et de langue secondaire dans le cas d’un bilinguisme acquis à l’âge adulte (le français est et restera toujours ma langue natale, même si aujourd’hui j’utilise autant voire plus l’anglais au quotidien), mais pas vraiment d’un bilinguisme « de naissance. »

            2. En ce qui concerne la facilité d’apprentissage d’une langue pour les adultes, attention aux idées reçues. Je pense pas que l’anglais ou le français soient plus ou moins faciles ou difficiles que l’autre à apprendre pour un Japonais adulte. Mais les difficultés ne sont pas là où on le croit parfois. Pour un Japonais qui apprend correctement le français, les conjugaisons ne sont pas un problème. L’éducation japonaise est très (trop) basée sur la mémorisation. Pareillement pour les genres des noms. Apprendre le genre des noms du français (ou de toute autre langue européenne en possédant) est très facile. Il suffit d’apprendre chaque nouveau nom avec son article indéfini (un ou une) et le tour est joué. Quelque part, le genre est même plus difficile à apprendre quand l’apprenant a aussi des genres dans sa langue natale, car bien souvent ils ne correspondent pas d’une langue à l’autre. Et au final, le français et l’anglais posent des difficultés différentes à un apprenant japonais, mais je ne pense pas qu’une langue soit plus difficile que l’autre à apprendre (les deux ayant au final plus de similarités que de différences pour un Japonais, mais peut-être que je me trompe, j’ai du mal à comparer (n’ayant eu qu’une poignée d’étudiants japonais en français (deux ? trois ?) et plusieurs centaines (voire mille) en anglais).
              Pour le coréen et le chinois mandarin, attention aux faux-semblants. La proximité géographique n’implique pas une proximité linguistique. Dans le cas du coréen (que je ne connais pas du tout), il me semble que les similarités s’arrêtent aux structures grammaticales de base. Pour le chinois c’est plus compliqué, mais un Japonais n’aura pas forcément de facilités à apprendre la langue. Certes, il reconnaîtra certains sinogrammes et certains mots chinois sont restés proches des lectures onyomi du japonais, mais ça s’arrêtera là. Les Japonais ne connaissent pas la majorité des sinogrammes (surtout si on parle de chinois mandarin à l’écriture « simplifiée », à la limite, ils auront peut-être plus de facilité avec l’écriture taïwanaise que celle de RPC) et puis surtout, la prononciation est peut-être encore plus difficile pour un Japonais que pour un Européen.

              Mais une fois de plus, tout cela ne sont que des considérations pour les apprenants adultes des langues, pas pour les enfants bilingues.

          2. Bonjour David.
            Analyse intéressante mais trop de noeuds au cerveau selon moi sur comment gérer le bilinguisme.
            Plantons le décor : J’ai une enfant franco japonaise de 7 ans qui à ce jour est PARFAITEMENT bilingue, sans accent dans l’une ou l’autre des langues. Nous vivons en France certes mais, en plus de sa mère, elle a beaucoup de contacts avec des natifs du japon (association, skype, vidéos) et y passe de 1 à 3 mois par an en un ou deux séjours annuels. Bref, j’estime à environ un 50 – 50 en continu sur toutes les années depuis sa naissance.
            La méthode est simple et appliquée depuis le premier jour : sa mère lui parle uniquement en japonais, moi qu’en français, et sans aucune exception. Lors des échanges véritablement à trois interlocuteurs, finalement qu’au diner, c’est en français car je ne parle pas japonais alors que la mère comprend et parle le français. Mais dans ces échanges au diner, si un moment, l’échange est plus particulier de l’un vers l’autre, il est fait dans la langue définie selon l’interlocuteur. Mère fille en japonais, Pere fille en français. Tant pis si je perds un peu ce qu’elles se disent, ce n’est que 1 à 2 minutes en cumulé, je demande ensuite à la mère ou à la fille de me résumer ce qu’elle ont dit.
            Jamais l’enfant ne s’est adressé directement à sa mère en français parce que ça serait juste pas naturel pour elle. ça ne lui traverse même pas l’esprit.
            Elle ne mélange jamais les 2 langues (trop différentes) et n’utilise pas la langue la plus facile pour elle, pour la bonne et simple raison qu’il n’y en a pas une de plus compliquée, ou plus difficile, que l’autre pour elle. C’est juste différent. Le critère du choix de la langue est simplement l’interlocuteur : il est français, moi, un commerçant, le chauffeur du bus, sa famille paternelle, elle parle français. Il est japonais, sa mère, sa famille maternelle, les amies japonaises et leurs enfants, elle parle japonais.
            La seule interrogation que j’avais, c’était comment parlent-elle avec ses copines franco-japonaises qui sont bilingues comme elle. Si c’est un contexte japonais (association, visite des mères japonaises, …), elle parle en japonais. Si c’est dans la rue qu’elle croise une copine, c’est soit français soit japonais… ça dépend en fait de la langue choisie par la première qui prend la parole, voire qui l’accompagne à ce moment-là, le père français ou la mère japonaise.
            Un jour je lui propose une vidéo (épisode de Tom Sawyer) et lui demande la langue qu’elle préfère et je mettrai les sous titres en français pour moi au besoin. En fait, elle s’en moquait et était indécise mais a fini par me dire en français puisque j’allais regarder avec elle !

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