Au revoir Tokyo… (20e jour – 7 juin 2010 – dernière partie)

Le reste de la journée se déroula vite : un dernier petit tour à Shibuya pour acheter trois ou quatre bricoles et hop dans le Shinkansen pour Okayama où nous attendrait ensuite un train plus ou moins omnibus pour Takamatsu.


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J’avoue ne pas avoir été trop malheureux de quitter Tokyo. Je n’ai vraiment trouvé rien d’exceptionnel à cette ville, sinon le Matsuri, mais ça, il y en a partout. Je ne regrette pas non plus une seule seconde de l’avoir visitée. Oui, certains moments étaient marquants (mais surtout parce qu’ils étaient « célèbres ») : Shinjuku, Shibuya. Mais une fois que tout à été dit, je ne comprends toujours pas vraiment pourquoi elle fascine tant autant de mes compatriotes.
J’ose croire que cette fascination provient surtout de la réalisation d’un fantasme : on rêve d’aller au Japon pendant des années, on y va enfin, on va à Tokyo parce qu’on a – plus ou moins inconsciemment – réduit le Japon à la capitale et on a oublié que l’avion peut se poser ailleurs qu’à Narita, et ensuite on est fasciné par cette ville parce qu’elle représente la concrétisation de ces rêves et fantasmes.
J’ai vu la même chose des dizaines, sinon des centaines de fois avec certains Américains et Paris. Personnellement, j’ai toujours trouvé cette attitude dommage : j’ai toujours préféré la réalité aux fantasmes, et j’ai toujours su que pratiquement tous les pays du monde ont beaucoup plus à offrir que les clichés provenant de leur capitale. Ah, si les Américains fantasmant sur Paris essayaient de connaitre la France plutôt ?! Ah, si les Français fantasmant sur Tokyo essayaient de découvrir vraiment le Japon ?!
Enfin, bon, je ne vais pas refaire les gens, et puis au final, cela permet de trier le bon grain d’une certaine ivraie parmi les voyageurs. Quand je croise un Américain en France qui s’intéresse à autre chose qu’à la Tour Eiffel, ou Montmartre et qui ne pense pas que le reste du pays se réduit à Nice et aux côtes du Débarquement, alors oui, je me dis qu’il vaut le coup et qu’il s’intéresse vraiment à mon pays. Et difficile de ne pas faire le même parallèle avec des Français s’intéressant à autre chose que Tokyo quant il est question du Japon et pour qui le reste du pays ne se résume pas à seulement visiter Kyōto et deux trois autres endroits similaires.
Oui, j’ai bien conscience que c’est pourtant en grande partie ce que j’ai fait au cours de ce deuxième voyage, visiter les lieux célèbres, et souvent je me suis senti un peu à l’étroit dans mon carcan de touriste ne sortant pas trop des sentiers battus. Mais, je pense qu’éviter ces endroits à tout prix aurait été aussi ridicule que de réduire le Japon à ces derniers et tôt ou tard, il fallait que je les voie. Je reviendrai très certainement à la plupart d’entre eux, d’autres je ne sais pas. Tokyo ? Si je n’y remettais jamais les pieds de ma vie, cela ne me ferait ni chaud ni froid ; mais de manière réaliste, il est très probable que j’y retournerai, difficile d’être lié au Japon en ignorant totalement sa capitale, et je suis certain qu’elle a beaucoup plus à m’offrir que ce dont j’ai fait l’expérience. Je suis tout aussi certain que jamais elle ne me fascinera ni ne m’attirera comme elle le fait avec beaucoup d’autres Français.
Tous ces lieux traversés au cours de ces trois semaines, il ne fallait pas seulement que je les voie, il fallait aussi que je les apprenne, que j’essaie de les comprendre, et quelque part la rédaction de ce blog et le récit aussi détaillé de ce voyage a servi aussi à ça.
Mais je ne veux pas avoir l’air de faire une conclusion ici, ce blog n’est pas prêt de s’achever, loin de là, juste ce chapitre, auquel il reste encore un petit épilogue à narrer, à commencer par la fin de cet article et mon voyage de retour.
Voyage de retour sans histoire et d’un calme valant la peine d’être mentionné après cette arrivée à Tokyo éprouvante quelques jours plus tôt. À noter aussi l’arrivée du Shinkansen en gare de terminus (où nous étions). Le train arriva une quinzaine de minutes avant son prochain départ, et juste avant son arrivée, une armada de femmes de ménages se posta, une par porte de wagon. À peine le dernier voyageur du voyage précédent descendu, elles se jetèrent toutes dans leur voiture respective et qu’elles nettoyèrent de fond en comble en à peine quelques minutes, si l’une avait terminé plus rapidement qu’une autre, elle venait aider sa collègue, en particulier à retourner tous les sièges afin qu’ils se trouvent tous dans le sens de la route. Puis elles sortirent toutes presque simultanément, juste quand le nom de la nouvelle destination s’afficha sur les panneaux prévus à cet effet, les voyageurs montèrent dans le train qui partit à l’heure pile comme à son habitude. Je commence à connaitre assez bien l’efficacité japonaise, mais la voir en action de la sorte est plus qu’impressionnant. La SNCF pourrait en apprendre une ou deux choses.
Le voyage en lui-même ? Sans histoire comme j’ai déjà dit. J’espérai voir le Mont Fuji, mais de gros nuages bloquèrent toute vision des montagnes quand nous passâmes à proximité (est-il même possible de le voir depuis le Shinkansen ? En fait, j’en sais rien).
Une chose assez surprenante se produisit quelque part après Kobe : nous nous retrouvâmes seuls dans notre wagon !!!

Je n’imaginais pas la chose possible et j’avoue c’est plus que plaisant d’avoir un wagon ainsi pour soi, même si quelque part je culpabilisais presque, je ne saurais dire pourquoi.
Le train d’Okayama à Takamatsu était lui presque bondé, il faut dire qu’il s’agissait d’une sorte de train de banlieue, les voyageurs n’étant pas des voyageurs à proprement parler mais des gens rentrant chez eux après une journée d’école ou de travail. Comme la nuit était tombée, nous ne vîmes pratiquement rien du Grand Pont de Seto, et bientôt, nous étions de retour à Takamatsu…


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